David Wolle - a Expon : Poupeinsky

18 Mai - 29 Juillet 2017

Saint-Etienne



ARTISTE DE L'EXPOSITION :
David Wolle


 David Wolle chemine en divers lieux, nécessairement. Travaillant en amont tout autant qu’à part, sur des dessins ou sur des sculptures de pâte à modeler ou pâte à sel, incluant colliers de perles d’enfants comme prémisses de peintures à venir. Nous proposerons à la galerie Ceysson & Bénétière de Saint-Étienne, jeudi 18 mai 2017, de joindre pour la première fois les différents travaux et étapes de l’œuvre de David Wolle.

Les saynètes de pâte à modeler, constructions de fortune ou ex-voto, choisis pour êtres exilés sur les toiles de l’artiste, succombent et sont détruits à ce passage. Ainsi se délivrent les figures sevrées par les nouveaux enjeux de la peinture à l’huile. Dans ce non-lieu, à la fois élégiaque et sans anecdotes, David Wolle subvertit encore le premier sujet par les formats de ses toiles et les notes chromatiques qu’ils lui inspirent. Tenaillé dans le temps de la peinture, l’artiste en funambule, se refuse à jouer l’exercice facile d’une traduction technique et mimétique de la scène en pâte à modeler. Il déjoue et dévisage, incorpore et brouille les fonds, les espaces et les ornementations, mettant au premier plan le récit de la peinture elle-même, entre la fouille et la sape de ses turbulences aussi absurdes que vraisemblables.

Cette prouesse picturale ou sculpturale, organique, chromatique, obscène, s’éteint pourtant dans ce vacarme, par la pudeur qu’il lui choisie pour la montrer. Un monstre indiscernable, étouffant chaque tentative de le nommer, de le civiliser.
Dans ses peintures aussi paradoxalement éloquentes, David Wolle s’emploie à les dépouiller de toute littérature et de toute rivalité mimétique, pour les maintenir dans une nasse d’indices. Elles enfantent en surface l’épissure des sensations : espace, matière, texture, lumière. Il poursuit par ses recherches avec l’inquiétude que nous devinons, les métamorphoses du réel qu’engendre la peinture au moment de sa représentation, avec ce seuil figuratif qu’il entend ne pas franchir. Comme défiguré, pervers, se déploie un théâtre d’ombres de… orchestré sur ses toiles qui rappelle ce poème de Goethe, Erlkönig (Le Roi des Aulnes). Cet enfant voyant fondre sur lui l’ombre inquiétante et que son père rassure, désignant ce présage comme le simple effet du brouillard qui rôde dans les bois. Ne vois-tu pas là-bas ?

Norman Langenfeld, 2017.