Erik Dietman

17 Juin - 29 Juillet 2017

Wandhaff



ARTISTE DE L'EXPOSITION :
Erik Dietman


 Erik Dietman a toujours été marginal, marginal et solitaire. Il n'a jamais aimé et encore moins appartenu à aucun groupe. Depuis sa plus tendre enfance, il sait qu'il est un artiste et que l'art sera sa vie. Autodidacte curieux, il lit beaucoup, surtout de la poésie. Cet amour de la poésie l'habite mais les objets accompagnent ou remplacent les mots qu'il triture en suédois, anglais ou français qu'il maîtrise de mieux en mieux. Au début des années 1960, il partage cette pensée qui du Pop Art au Nouveau Réalisme va dessiner une nouvelle approche de l'objet dans l'art, voire de l'objet d'art. Il y adhère : dès 1960 il commence à "panser" les objets de son quotidien, (Tableau malade, 1960), pratique qu'il va poursuivre jusqu'en 1965-66.

« Ses objets pensés » le font connaître, mais pour éviter l'image de roi du sparadrap qui lui collait déjà un peu trop à la peau, il s'autoproclame ex roi du sparadrap et s'éloigne des objets pour se réfugier dans les mots, les langues (il parle désormais anglais et français), les images, les collages, voire la peinture et enfin au début des années 80, la sculpture en bronze, en marbre, en fer et même un peu plus tard en verre ou céramique.
Commencent alors des séries d'œuvres où l'humour prend de plus en plus de place au milieu des commentaires sur l'art, la politique ou la littérature (Mai, 1968 ou Reflections sur Pop Art, 1969), où il partage la création avec ses alter ego, Outil O' Tool, Penand Pencil et F.T. Bidlake.

Cette exposition personnelle sera l’occasion de présenter des pièces rarement montrées jusqu’aujourd'hui : on remarquera notamment les œuvres en bronze tellement différentes que chacune d'elle semble disqualifier l'autre en tant que bronze.
On y verra, entre autre, que le Paysage Normand, "bronzai" géant patiné de vert, est réalisé par un procédé presque primitif de la fonte du bronze. Erik Dietman a lancé le métal en fusion dans du sable, les sillons délicats et presque floraux qui en résultent sont la trace d'une physique aléatoire. Le Phare, associant quant à lui le fer au bronze, cache sous un titre et une apparence assez sages un feuilletage de sens analogue à celui des dessins. Assemblage et composition y rendent fidèlement les petits détails familiers d'un monde domestique qu'Erik Dietman a rendu à l'état sauvage. Enfin, le Proverbe turc, une installation environnementale de 40 paires de chaussures en bronze, reflète son mystère dans la patine chaude d'une couleur de cuir.


Texte produit par la Galerie Papillon
Extrait de Erik Dietman, 1990 in Opus oh puce aux puces II, par Outil O'Tool et Derrick Dietman en hommage à F.T. Bildlake, CCC Tours.