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Nicolas Momein

 ( 1980, Saint-Etienne)

Né en 1980, à Saint - Étienne, France.
Vit et travaille à Paris, France.

Formation

Master of Fine Arts, Haute École d'Art et de Design, Genève, Suisse
DNSEP, Ecole supérieure d'art et de design de Saint-Etienne, France
DNAP, Ecole supérieure d'art et de design de Saint-Etienne, France

Prix

Prix des Amis de l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne Jeune Création, 2015
Prix de la Fondation Liechti pour les Arts, 2013
Bourse du Fonds Cantonal d'Art Contemporain de Genève, pour les diplômés de la Haute École d'Art et de Design de Genève, session 2011-2012
Aide à un projet individuel, Mairie de Paris / Direction des affaires culturelles
Prix Edouard Barbe, décembre 2011
Prix Golden parachute, juin 2011

Résidences

2015 : Cité internationale des arts, Paris
2014 : La Galerie, Centre d'art contemporain, Noisy-le-Sec
Résidence Molly-Sabata
2013 : Résidence Astérides, Marseille
Le Designer d'après

Les œuvres de Nicolas Momein offrent souvent au regard une surface enveloppante comme une gaine, un fourreau où nous serions bien imprudents de projeter nos fantasmes. Lisse ou rugueuse, pelucheuse ou visqueuse, dure ou molle, cette enveloppe parle avant tout au sens haptique de la vision, à cette propriété du toucher rétinien : matières, formes et corps. Ce sens haptique est particulièrement activé avec certains matériaux de prédilection de l'artiste, comme le crin animal, la laine de roche ou encore les serviettes en tissu éponge, dont le rappel du contact quotidien avec la peau mouillée se double ici de l'effusion de motifs populaires imprimés, au kitsch affirmé autant que démodé, avec ses teintes pastel mièvres, ses couchers de soleil rouge saumon et ses roseaux penchés sur fond de lagon bleu chewing-gum. Nicolas Momein en recouvre certaines de ses pièces leur conférant un statut ambigu d'objet de société déclassé et culturellement éloigné dans le temps, tout en rendant manifestes ses qualités de présence matérielle. Ainsi des grands panneaux de bois tapissés de Bulgomme que l'artiste présente sous forme de paravent ou bien en jeu de parois murales modulables comme un jeu de cartes à la dimension de l'architecture. Astiqués à l'aide de cires métalliques, ces Bulgommes s'animent et s'irisent, révélant une surface trouble qu'on laissait le plus généralement cachée. En effet, cette matière assez morne, mixte de caoutchouc et de polyester, à la fois souple, imperméable et résistante, servait à nos grand-mères de dessous de nappe pour protéger le bois de la table du repas de la chaleur des plats, des rayures et autres taches de liquides. Pourtant quel enfant n'a pas éprouvé de plaisantes sensations à son relief mou et moiré, suivant du doigt le tracé de ses motifs géométriques répétitifs produisant un des premiers effets domestiques de type psychédélique ?
Ce monde haptique des matières familières oubliées, Nicolas Momein le ressuscite en d'étranges sculptures et environnements qui, à l'image de l'écrin, enveloppent le corps du spectateur d'une curieuse peau suggestive, réveillant le décor mouvant de nos souvenirs sensitifs.
Les Sculptures par exemple constituent un inventaire de formes débridées, chacune issue d'un geste technique (carder, tailler, mouler, encoller, stratifier, etc.) pratiqué sur une matière particulière (mousse synthétique, papier mâché, peluches, crin animal, acier, tissu éponge, etc.). Ces sculptures de dimensions modestes, n'excédant pas la prise en bras d'un seul homme, sont équivoques : entre la forme de l'objet et celle du meuble, elles insinuent dans les règles et la grammaire des métiers d'art, de l'ameublement ou du bâtiment, une forme intermédiaire plausible quoique instable et grotesque. Elles ressemblent autant à des parodies crayonnées sur le vif de formes existantes qu'à des prototypes sérieux pour des objets moins risibles qu' « à rire » comme des sculptures qui seraient animées soudainement d'une âme de chaise ou d'enclume...
C'est d'une toute autre âme, animale celle-là, que sont porteuses les 9 pierres de sel de 25 kilos chacune (Incomplete close cube, Aliboron l'a digéré, 2011) qui arborent des angles incomplets, à l'usure d'apparence minérale : elles ont été creusées par des langues de vaches durant des jours sur certaines fractions du bloc laissées libres. Alignées à la manière géométrique et minimaliste d'un Sol LeWitt (auquel le titre fait ironiquement référence), ces pierres de sel dont l'entame linguale progressive désavoue, à l'approche, l'impression brutale initiale de blocs éclatés violemment, font signe vers un compromis écologique et rationaliste de la sculpture : c'est la vache qui lèche, mais c'est l'homme qui délimite. Elle prend son plaisir et l'homme empoche les dividendes esthétiques de sa géométrie ravalée par la nature !
Les vaches ne sont pas que les petites langues de Nicolas Momein, elles sont aussi ses inspiratrices pour d'autres sculptures formant, cette fois, une sorte d'inventaire presque littéral de structures et dispositifs agricoles destinés aux bovidés : lève-tête, travail à ferrer ou encore rails Bovistops, sortes de tapis à cylindres roulants forçant l'animal à l'arrêt. On pourrait croire à quelque dénonciation, par accumulation de preuves readymades, de la torture animale, si l'artiste n'avait modifié sciemment certaines proportions : conformant le « travail à ferrer » à l'échelle humaine ou réalisant, dans le même acier froid et fonctionnel, le cadre un peu réduit d'une potence de balançoire. Elevage, éducation : acier commun ! semblent dire ces sculptures qui adressent aux sens un double langage de dressage et de design. Comme si l'art était là pour corriger les erreurs de celui-ci, qui prend les fonctions pour des réalités ergonomiques et ne fait qu'enfanter des monstres dressés : à la balançoire ou au bovistop, au jeu vidéo ou au travail à ferrer...
Comme un designer d'après le désastre ergonomique, Nicolas Momein réalise d'étranges verrières à taille humaine, dont les montants sont faits de pare-brise fissurés récupérés d'épaves de voitures et redimensionnées par aplatissement. Avec leurs toits de mousse colorée, ces verrières forment des espaces d'isolement dont l'interface avec le monde extérieur se serait entièrement fissurée, mais garderait quand même sa fonction de transparence et d'ornement. N'est-ce pas tout le poids symbolique rendu très concret de l'une des dernières installations de Nicolas Momein, au centre d'art des Eglises de Chelles ? A mi-hauteur de la nef de cette ancienne église, il a fait installer un plafond tendu en Pvc blanc dont il a testé la résistance avec de grandes quantités d'eau, produisant d'immenses poches suspendues en forme de gouttes arrêtées, menaçantes mais parfaitement retenues par la matière élastique.
Si le rapport du dedans au dehors de la vision est fissuré, celui de la vision à la croyance ne tient-il désormais qu'à l'élasticité de la matière ?

Vincent Labeaume, Clichy-la-Garenne, 2015
Expositions monographiques à la galerie
NICOLAS MOMEIN, Genève
19 Mars - 23 Mai 2015

Nicolas Momein, Wandhaff
14 Janvier - 25 Mars 2017


Expositions de groupe à la galerie
Cession, Saint-Étienne
21 Mai - 02 Août 2015

Sculptures, matières, matériaux, textures..., Hors les murs
10 Septembre - 16 Octobre 2016


Expositions personnelles

2017
Galerie Bernard Ceysson, Wandhaff, Luxembourg
Topknots, Villa du Parc, Annemasse, France

2016
Les déplaceuses, Galerie White Project, Paris, France
Every one is light, You are light, L'Onde - Centre d'art, Vélizy-Villacoublay, France

2015
Jargons, Galerie Bernard Ceysson, Genève, Suisse
Coup de pouce, caoutchouc pouce, Les églises de Chelles, France
Steady sideslip, Fondation Rivoli2, Milan, Italie
Pegar, Galerie Roger Tator, Lyon, France

2014
Walk like an Egyptian, Galeries nomades, Chateau Musée, Tournon-sur-Rhônes, France
Débords, Zoo Galerie, Nantes, France

2013
Sacré Géranium, Galerie White project, Paris, France
Quelques objet secs, Espace Kugler, Genève, Suisse

2012
Aire de famille, Galerie White Project, Paris, France

Expositions collectives

2017
Corps sans tête, un lendemain difficile, Maëlle galerie, Paris, France

2016
Sculptures, Matières, Matériaux, Textures..., Galerie Bernard Ceysson, Foetz, Luxembourg
Le temps de l'audace et de l'engagement, Exposition en partenariat avec l'ADIAF, Institut d'Art contemporain, Villeurbanne, France
Sofia Borges - Clément Cogitore - Nicolas Momein - Arnaud Vasseux, Galerie White Project, Paris, France

2015
Bourses Déliées, Halles Nord, Genève, Suisse
Dendrites, macles, grains ou inclusions, Salle Crosnier, Palais de l'Athénée, Genève, Suisse
Sofia Borges - Clément Cogitore - Nicolas Momein - Arnaud Vasseux, Galerie White Project, Paris, France

2014
DRUM & BASS, Isochrone, Lille, France
Les Mythologies Quotidiennes, Église Saint-Maur de Courmelois, Val-de-Vesle, France
Le geste des matériaux, Centre d'Art Bastille, Grenoble, France
Clarence le lion qui louchait, en collaboration avec Johen Dehn, Seulgi Lee, Céline Vaché-Olivieri, Les Capucins, Centre d'Art, Embrun, France
Pop-Up, Friche de la Belle de Mai, Marseille, France
Adieu tristesse, désir, ennui, appétit, plaisir, La Galerie, Centre d'Art contemporain, Noisy-le-Sec, France

2013
Rendez-Vous 13, Jeune création internationale, Institut d'Art contemporain, Villeurbanne, France
Atelier des testeurs, Chalet Society, Paris, France
Vous aussi vous avez l'air conditionné, La Galerie du 5ème, Marseille, France
Andrew ?, La Galerie, Centre d'Art contemporain, Noisy-le-sec, France
Lauréats de l'expositions de Noël 2011, Magasin - Centre National d'Art Contemporain, Grenoble, France
Spéculons Nebuloos, Académie Royale des Beaux-Arts, Bruxelles, Belgique
Local Line 13, Musée d'Art moderne, Saint-Etienne, France

2012
Fête le mur, prix la palette
In Absent Places We Dwell, organisé par Vianney Fivel, Ceel Mogami de Haas, Marie-Eve Knoerle, Espace Piano Nobile, Genève, Suisse
La tradition du dégoût, organisé par Vincent Labaume, Galerie Christophe Gaillard, Paris
Rencontres Horizon Art Nature Massif du Sancy, Région Auvergne, France
Etrange été, commissaire d'exposition : Stéphane Corréard, Galerie White Projects, Paris, France
Salon de Montrouge, commissaire d'exposition : Stéphane Cornard, Montrouge, France
Musée de l'art extraterrestre, Haute école d'Art, Genève, Suisse

2011
Exposition de Noël, Prix Edouard Barbe, organisée par le Magasin, Ancien Musée de peinture, Grenoble, France
Version des faits dans le cadre de Imergencia, Institut Français, Lisbonne, Portugal
Vue sur la mer, Place des volontaires, Genève, Suisse
Le Slurm, Initié par Christophe Kihm et Marc-Olivier Wahler, Institut curatorial - la Head, Genève, Suisse
Flaubert's castle, HISK open studio, Gand, Belgique

2010
Biennale de Design Saint-Etienne, France
Ostensions - Travail de l'archive, archive du travail, Palais de l'Athénée, Genève, Suisse
Tu vas l'aimer dans la rigueur n'est pas une valeur sûre, Galerie NSPP, Saint Étienne, France
L'axe du mal, organisé par Pierre Leguillon, Auditurium Fondation Arditi, Genève, Suisse
2012
Vincent Labeaume, Aire de famille, Dans Carnet d'art- Revue Tout Prévoir, 2012.
Gas Barthel, Des poils de monsieur tout le monde à ceux du mammouth il n'y a qu'un pas, in La rigueur n'est pas une valeur sûre, Édition La cibelle, pp 345, 2012.

2013
Pierre Tillet, La goutte, le white cube et la ronde, 2013.
Christophe Kihm, Nicolas Momein, ArtPress, oct. 2013.

2014
Julie Portier, des sculptures, par exemple, déc. 2014.
François Durit, Travailler par affinités, 2014.

2015
Vincent Labeaume, Le Designer d'après, 2015.

1, 2, 3... (dé)paysage !

Le Jeudi - Karine Sitarz

23 Fèvrier 2017


Fingerzeig ins Gesicht

Tageblatt -

11 Fèvrier 2017


Triplette

Land - Lucian Kayser

20 Janvier 2017


Triplé gagnant

Luxemburger Wort - Nathalie Becker

19 Janvier 2017


Sculptures, structures et textures

Art absolument - Tom Laurent

20 Septembre 2016


Des artistes internationaux pour des expos XXL

Luxemburger Wort - Nathalie Becker

14 Septembre 2016


Nicolas Momein

Nicolas Momein

03 Avril 2017


Sculptures, Matières, Matériaux, Textures... Foetz, Luxembourg

Sculptures, Matières, Matériaux, Textures... Foetz, Luxembourg

10 Septembre 2016