Animaux : oeuvres intimes



15 Décembre 2016 - 04 Février 2017

Paris




Artistes de l'exposition :
Gilles Aillaud
Alkis Boutlis
Pierre Buraglio
Daniel Dezeuze
Rémy Jacquier
Denis Laget
Jean Messagier
Éric Poitevin
Claude Viallat


 Avec la collaboration des designers Christophe Côme et Éric Jourdan

Au repos ou en mouvement, les animaux proposent un répertoire de formes inépuisable : non seulement, pour chacun d’entre eux, celui propre à son espèce, mais aussi celui qu’il introduit comme une variante personnelle à chaque moment de sa vie. Autour de nous c’est ainsi plein d’envols, de reptations, de courses et de postures, et chacune d’entre elles peut être considérée comme un défi. Champions de vitesse et de lenteur, furtifs ou immobiles, énormes ou tout petits, les animaux occupent l’espace tout autrement que nous, or cet espace qu’ils ont ou qu’ils font, agrandi, visité, corrigé à chaque seconde, nous en avons perdu l’usage, même si en apparence nous le partageons avec eux. C’est pourquoi la moindre trace venant du monde animal ou ayant cherché à en relever les traits apparaît comme la scansion d’un apprentissage ou d’un retour. Deux traditions d’imagerie bien installées – celles des peintres dits animaliers et celle des reportages télévisés sur les animaux sauvages – viennent s’interposer entre ce mouvement de reconnaissance spontané et les formes vivantes qui le stimulent. Les peintres, les photographes et les cinéastes qui veulent rendre compte de l’invention animale doivent, chacun à sa manière et avec ses outils, crever tout d’abord cet écran mensonger et passer de l’autre côté, et ce n’est que là, dans une proximité inquiète, qu’à l’exubérance formelle des bêtes, et de toutes les bêtes, il est possible de répondre. Une libellule ou un chien, un crocodile ou un oiseau, extraordinaire est l’exploration formelle que le monde animal accomplit et renouvelle à chaque instant. Et c’est parce que chacune de ces formes obtenues agit comme le messager de la forme de vie qui lui correspond, que le fait d’entrer en intelligence avec le monde animal, surtout en une époque où il est de plus en plus attaqué, menacé, a tant d’importance. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement une empathie avec le vivant, c’est aussi une dilatation et un agrandissement de notre condition perceptive, c’est une intensification de notre rapport au sensible. Rendre le sensible intelligible en lui conservant ses traits et sa puissance d’existence et d’énigme, tel serait le but. Avec subtilité, ruse, patience, vivacité et même aussi – pourquoi pas ? – une forme de maladresse, préférable à la virtuosité, on peut y arriver, et c’est cela, cette humble leçon reçue, que l’exposition, en multipliant les formes de côtoiement et d’accès, répercute.

Jean-Christophe Bailly 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
23 rue du Renard 75004 Paris

Horaires:
Mardi – Samedi
11h – 19h
T: + 33 1 42 77 08 22