Vue

MITJA TUSEK

Ceci/Cela

05 Septembre - 17 Octobre 2015

Paris




Artiste de l'exposition : Mitja Tušek


 Cette exposition, la quatrième collaboration de Mitja Tušek avec la Galerie Bernard Ceysson, dévoilera une nouvelle série de peintures intitulée « Circle Paintings », dans lesquelles des cercles noirs, toujours au nombre de neuf et de taille différente, flottent sur un fond de peinture d’interférence, se fondent parfois les uns avec les autres et suggèrent toujours dans leur combinaison une figure qui ne se matérialise jamais tout à fait. Ceux qui sont familiers avec le travail de Tušek y reconnaîtront immédiatement des affinités formelles et des préoccupations communes à ces nouvelles œuvres et aux « Text Paintings ». Dans ces dernières, l’artiste plie la toile pour créer un dédoublement dans lequel le mot qui se reflète produit quelque chose qui ressemble à un test de Rorschach et qui vacille entre le lisible, le purement abstrait et une figuration étrange, quand bien même ici aussi nous ne pouvons pas établir quelle est la figure esquissée.

Dans les deux séries Tušek utilise également des pigments d’interférence qui varient en couleur et en nuance en fonction de notre position et de la lumière et induisent un mouvement à ces œuvres. L’attention au mouvement et les tentatives de le rendre par la peinture sans tomber dans l’artificialité est un fil rouge dans le travail de cet artiste. Il a une première fois attiré l’attention du monde de l’art avec les peintures en cire présentées à la Documenta IX. Certaines d’entre elles sont figuratives, cependant la multiple application de la cire pigmentée couche après couche prête une apparence fantomatique aux éléments figuratifs qui sous certaines conditions semblent presque disparaître. D’autres tableaux qui à première vue paraissent être des monochromes sans profondeur, impénétrables et ne reflétant que notre ombre, soudainement, par un changement de lumière ou de point de vue peuvent ouvrir un puits profond comme si le miroir insondable avait décidé de révéler sa profondeur liquide, ou peuvent se révéler des formes que nous n’avions pas pu imaginer là une seconde plus tôt, ou simplement montrer des traces du couteau qui a travaillé la cire. Dans une série antérieure l’artiste utilise comme support la feuille de plomb sur laquelle il expose les éléments de sa composition à l’oxydation que la matière est susceptible de subir : avec le temps les couleurs perdent leur éclat et les formes se fondent avec le support ne survivant guère plus qu’en mémoire.

Une qualité particulière et admirable dans le travail de ce peintre Suisse/Slovène, qui vit à Bruxelles, est qu’il évoque ces questions sans jamais être pédant ou moralisateur. Le travail de Tušek est quelque chose de rare ces jours-ci : s’il peut être conscient de ses gestes et de leur portée sans tomber dans le nombrilisme et sans réduire son horizon à quelque truismes, c’est parce que cette autoconscience est née d’un œil – ludique, sardonique, ironique – qui ne perd jamais de vue ni le regard de l’autre ni les mystères qui rodent juste en dehors du cadre.

Emiliano Battista 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
23 rue du Renard 75004 Paris

Horaires:
Mardi – Samedi
11h – 19h
T: + 33 1 42 77 08 22