Daniel Dezeuze



05 Mars - 11 Avril 2009

Luxembourg




Artiste de l'exposition : Daniel Dezeuze


 Daniel Dezeuze a été l’un des artistes fondateurs de la revue Peinture, Cahiers théoriques et du groupe Supports/Surfaces c’est-à-dire de ce qui fut, sans doute, à la fin des années soixante, la dernière avant-garde de la modernité occidentale. Contrairement à nombre des protagonistes de la période obsédés, à l’instar de Nikolaï Taraboukine, dans les années vingt, par la création enfin du dernier tableau achevant l’Art et l’Histoire, les artistes de ce groupe, conscients que l’histoire n’avait point encore pris fin, que le dernier tableau était une utopie conduisant au désenchantement, entreprirent de déconstruire l’œuvre d’art. Ils entendaient ainsi mettre en évidence ses constituants matériels. En présentant, en 1967, des châssis dépouillés de leur toile, il expose la mécanique du tableau, la grille ordonnatrice de la fiction et de l’illusion de toute représentation. Il n’a cessé depuis de travailler la grille conçue comme un appareil de visée et un instrument de régulation qu’il s’est toujours employé à perturber, à subvertir et à plier à la réalité du réel. C’est ce qui se passe avec les œuvres exposées à Luxembourg. De la grille fragile, ténue, rappelant les gazes plus anciennes, surgissent perles et jetons de couleur, comme mille fleurs jamais vues d’un réel que n’ordonne plus la structure orthogonale impérieuse de l’art occidental. La comparaison avec Mondrian, si elle est formellement fondée ne l’est pas au plan des significations. Pas plus que ne l’est le parallèle avec l’art de Sol LeWitt. Certains diront que les dernières œuvres de Daniel Dezeuze sont très « design ». En fait, à bien y regarder, le travail soigné de l’artiste défait le fini lisse et normé qu’exige le « design ». En cela ces œuvres s’ancrent toujours dans ce dessein contestataire de la déconstruction qui caractérise les années soixante. 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
Luxembourg