Dany Prum

Oeuvres récentes

22 Septembre - 10 Novembre 2012

Luxembourg




Artiste de l'exposition : Dany Prum


 La galerie Bernard Ceysson déploie du 22 septembre au 10 octobre 2012 dans ses espaces du 2, rue Wiltheim, place du Marché-aux-Poissons, les œuvres récentes de l’artiste luxembourgeoise Dany Prum. Les œuvres de Dany Prum, installations, vidéos, peintures et dessins, ont fait l’objet de présentations significatives dans des lieux institutionnels ou prestigieux du Grand-Duché.

Ses travaux récents, comme ceux montrés il y a deux ans dans notre galerie de Saint-Étienne, affirment son développement dans les voies d’un réalisme qui n’hésite pas à recourir aux cadrages types de la photographie et de la vidéo dont Dany Prum réussit à transcrire dans ses peintures, et dans ses pastels, dans l’opacité même de la matière, la crudité lumineuse des colorations franches et intenses qu’elle affectionne.

Les sujets traités peuvent décontenancer tant leur « réalisme » semble brutal. Mais, sans littérature, sans manifestation narrative d’un engagement dont nous n’aurions que faire, Dany Prum réintroduit la réalité vraie dans la peinture, comme, à la suite et à l’instar de Courbet, les réalistes au XIXème siècle s’y étaient employés. Sans insister, a contrario de trop d’artistes contemporains qui, émules des artistes académiques, veulent nous baigner dans les flots d’une compassion guère efficace, elle nous montre que le réel n’est pas dans les images sous lesquelles nous accablent et nous submergent les médias. Et ce faisant, elle nous expose une réflexion sur la peinture, le dessin, qui assure à ces œuvres une présence ne contestant pas la nécessité décorative de l’art.

Bernard Ceysson


Les « étrangés » de Dany Prum

« Il est beaucoup plus commode de déclarer que tout est absolument laid dans l’habit d’une époque, que de s’appliquer à en extraire la beauté mystérieuse qui y peut être contenue, si minime ou si légère qu’elle soit. »
Charles Baudelaire, Le peintre de la vie moderne, 1863

Les visages que s’applique à peindre Dany Prum ne sont pas inconnus ; il y a en a même qui sont célèbres. Le profil du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker (De Juncker, 2007) ou le regard froncé de Benoît XVI (De Poopst 3, 2006) sont identifiables par tous, comme des vignettes dans un journal. Beaucoup plus mystérieux est le coup de pinceau qu’elle garde pour nos voisins, nos familles, nos amis, nos passants, anonymes familiers, étranges étrangers, visages universels et partagés dans nos milliards de quotidiens.
Personne ne trouve grâce aux yeux de Dany Prum. Moins le sujet de sa peinture est concerné, plus elle s’en accommode. On baille, on soupire et on s’affale dans ses portraits comme si on en était le public et non le sujet. Tableaux volés pourrait-on dire dans un vocabulaire photographique qui régit aujourd’hui le rapport de chacun aux images. Difficile effectivement d’imaginer qu’un artiste du tempérament de Prum ait pu prendre ses marques dans un monde sans camera. Ce dictat de l’appareil, la Luxembourgeoise l’intègre avec talent dans le vieux dispositif de la peinture. Non pas dans sa technique, qui reste éminemment picturale, mais dans son rapport au cadre, au grossissement, au déclenchement.
Cette figuration ne s’inscrit dans aucune autre ou dans toutes. Ici trouve t-on un peu de Lucian Freud (Nu féminin, 2007), là du Alex Katz (Octavprozessioun 1, 2008) et là peut-être un prélude pour une scène de Guillaume Bresson (Nord pas de Calais 1, 2008). Pour le reste, le réalisme de Dany Prum ressemble à s’y méprendre à celui dont nous inonde la télévision. Il y a toutefois plus de pudeur et de finesse dans ses visages que dans ceux qu’on livre en pâture aux regards froids des téléspectateurs. Eviter avec soin le domaine piège de la caricature est difficile pour qui s’approche autant de la matière humaine. Mais le peintre ne donne jamais dans le gros trait qui tâche ; elle met avec délicatesse le commun hors de lui.


Alexis Jakubowicz

 



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Ceysson & Bénétière
Luxembourg