Marc Devade



06 Février - 19 Mars 2016

Paris




Artiste de l'exposition : Marc Devade


 Les photographies de Marc Devade le montrent toujours animé, le visage ouvert, semblant en pleine discussion. Sa parole fut coupée brutalement en 1983, à 40 ans ; mais ses œuvres n’ont pas cessé de se faire entendre. Depuis un quart de siècle, on retrouve souvent Devade au centre d’expositions qui tentent de synthétiser des pans de l’histoire de l’art. Ainsi a-t-on vu ses peintures mises à contribution dans la fin des années 60 : d’une contestation l’autre (Centre d’Art Contemporain, Meymac, 1986) et Les années 70 : l’art en cause (capc, Bordeaux, 2002). À l’étranger, il a représenté l’abstraction française dans Fundamentale Malerei (Kunstverein Arnsberg, Allemagne, 1988) et Regards (Académie Royale des Beaux-Arts Bruxelles, 1992).
Les tableaux de Marc Devade ont aussi trouvé leur place chaque fois que le mouvement Supports/Surfaces, dont il a été l’une des figures, a servi de programme ou prétexte pour montrer de l’art non-figuratif et justifier des achats institutionnels. L’exposition Le bel-âge a ainsi résulté d’une commande de l’État à l’initiative de Jack Lang en 1990 ; elle a été présentée au château de Chambord, puis à celui de Salses en 1991. En 1998, le Musée national d’art moderne a valorisé ses acquisitions dans Les années Supports/Surfaces au Centre Pompidou, présenté à la Galerie nationale du Jeu de Paume.
Une récente relecture de l’histoire s’est intitulée Déplacer, déplier, découvrir : la peinture en actes, 1960-1999 (Musée d’art moderne de Villeneuve d’Asq, 2012). De manière nouvelle, elle confrontait Devade avec Simon Hantaï, Martin Barré, Jean Degottex et Michel Parmentier. De leur vivant, il était plutôt d’usage de les séparer.
Ressuscités par nouveaux regards, l’œuvre de Marc Devade interpelle plus que jamais et peut-être convient-il de lui laisser le dernier mot sur leur interprétation.

« J’ai bien sûr transformé ou interprété cette forme que je me suis donnée comme point de départ ou comme matrice. De là vient cet ensemble de traits verticaux et horizontaux qui fibrent les couleurs. En réalité, dans le processus pictural, cette forme ou ces formes, ce dessin est second : je les trace à la règle une fois les couleurs non pas arrivées à terme mais au point de suspension au-delà duquel elles retourneraient au magma, au chaos d’où elles sortent. Les traits à la règle ou formés par les bords du cadre sont, pour les uns, dessinés après la couleur pour en sanctionner le suspens, ou les marquer de leur sceau…. En fait je ne pars pas d’une forme ou d’un dessin, je pars de l’infinité des couleurs pour transcender le dessin, les formes toujours déjà là. Le dessin fait le vide où s’illuminent les couleurs, qui du même geste produisent un forçage du cadre et du support, passent à travers. Le dessin n’est pas une méthode de la couleur pour la couleur mais la marque de son exode. »
Extrait d’un entretien avec Jacques Henric et Catherine Millet, art press n° 49, juin 1981.


Rachel Stella 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
23 rue du Renard 75004 Paris

Horaires:
Mardi – Samedi
11h – 19h
T: + 33 1 42 77 08 22