NOEL DOLLA

PLIS & REPLIS

07 Février - 14 Mars 2015

Luxembourg




Artiste de l'exposition : Noël Dolla


 Dans le travail des tarlatanes, je ménage une réserve de la couleur en la rapportant en strates qui se superposent par le moyen de rouleau d’où s’échappe la figuration de mes tracés, agglutinations, rimes internes, dilutions, etc.…, là encore, j’apprécie la portée d’un objet dont m’importe la figuralité, l’extension, la réserve ou la dépense dans le color-field.

Extrait de « Noël Dolla », interview par Bernard Lamarche-Vadel,
in +-0, n°15, décembre 1976, p. 39.


Il dit : J’enroule, trempe, déroule, coupe, froisse, déchire,
Plie, colle, arrache, construit, creuse, sème la couleur dans les plis de la forme.

Extrait de « Il dit », Noël Dolla, 5 mars 1980, in +-0, n°31, décembre 1980, p. 27.


La tarlatane – "étoffe de coton très légère, très peu serrée et chargée d’apprêt" - apparaît dans l’œuvre de Noël Dolla à la fin de l’année 1969. À l’exposition «  Supports/Surfaces » du Théâtre de Nice (juin 1971), les bandes de tarlatane marquées de points se déploient dans l’espace comme une vague ou à la manière d’une guirlande lumineuse qui ondule au grès des courants d’air sur une vingtaine de mètres. Accrochée le long d’un mur, la couleur mordant les bords de coton devient le « cadre flottant, libre, fluide » d’une toile toujours affranchie du châssis. Trempée dans des bains successifs de couleur, une fois déroulée du plafond au sol, la Tarlatane révèle ses nuances marbrées (1975-76). Trempée, déroulée, coupée, pliée, assemblée, collée, elle offre maintenant des compositions complexes aux formes et dimensions variées (1979-80).
En 1972, fortement éprouvé et emprunt de culpabilité par sa participation à l’exposition « 72/72 – douze ans d’art contemporain en France » au Grand Palais, Noël Dolla se replie sur une pratique intimiste, la confection de mouches (leurres) colorées et un travail photographique dans divers cimetières qui donnera lieu à la vidéo Love Song (1973-76). Replis sur soi, mais également replis sur un des composants essentiels de la peinture, la couleur.
Un an après l’exposition « Entrée libre mais non obligatoire » à la Villa Arson (juin-octobre 2013) et après une année de réflexion sur son oeuvre, Noël Dolla renoue avec une gestuelle ancienne sous la forme du replis. Replis/plis sur et vers une pratique laissée pour un temps en jachère. Déplacements, allers/retours, interrogations au sein de la problématique du replis sur soi. Les récentes peintures, intitulées à dessein Plis&Replis, synthétisent, condensent, développent et déplient l’ensemble des expérimentations antérieures et la problématique d’un artiste qui œuvre depuis plus de quarante années « dans l’esprit de l’abstraction ».  



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