Guerre(s)

commissaire d'exposition : Philippe Bouchet

18 Décembre 2019 - 01 Février 2020

Paris




Artistes de l'exposition :
Guillaume Apollinaire
Josep Bartoli
Jean-Michel Basquiat
Cathryn Boch
Théophile Bouchet Galliano
Alkis Boutlis
Guillaume Bresson
Pierre Buraglio
Jacques Callot
Louis Cane
Robert Capa
Franck Chalendard
Clément Cogitore
Jean De Maisonseul
Olivier Debré
Herve Di rosa
Erik Dietman
Otto Dix
Noël Dolla
Philippe Favier
André Fougeron
Roger-Edgar Gillet
Julio González
Marcel Gromaire
Hervé Heuzé
Maurice Langaskens
Charles Lapicque
Jean Le Moal
Baltasar Lobo
Alfred Manessier
André Masson
Yan Morvan
Zoran Mušič
Alexander Nolan
ORLAN
Ronald Ophuis
Pablo Picasso
Édouard Pignon
André Raffray
Lucas Ribeyron
Germaine Richier
André Robillard
Pierre Tal Coat
Boris Taslitzky
Vladirmir Velickovic
Claude Viallat
Jacques Villon
Aubin Vouet
Anne Wenzel


 La neige tombe sur les morts.
Et tout ce qui se traîne encore
Repart en guerre sur les grands chemins...

Bertolt Brecht, Mère courage et ses enfants, chronique de la guerre de Trente Ans (1939)

Depuis l’origine des temps, c’est-à-dire depuis l’art rupestre, coule dans la peinture le sang des guerriers. Il ne s’agit pas du Massacre des Innocents où l’une des deux parties en présence ne se défend pas et ne fait que subir, mais bien du combat, soldat contre soldat, une armée contre l’autre. Il s’agit des champs de bataille. Il s’agit de la Guerre, celle qui avait commencé par se parer d’un visage d’homme, parfois d’un très jeune homme, comme pour chanter la gloire des armées, créer des dieux nécessaires afin que le peuple ne répugne pas à accomplir ce que ses chefs lui imposaient par leur voix : se saisir des armes.
Pendant des siècles, l’artiste a servi la guerre de Dieu, celle du roi, de sa ville, de sa citadelle, de son clan, souvent sans faire la part du guerrier tué, du sang et de la mort. Seulement pour représenter la guerre pour la guerre, la rage et la brutalité, le carnage derrière le visage de l’innocence de tous ces jeunes soldats en armure qui peuplent l’histoire de la peinture.

Guerre(s). « A la guerre comme à la guerre ». Brûlante odyssée de milliers d’années maculées de sang, drame séculaire d’audace et de mort, de tyrannie et d’héroïsme, de conquête et de résistance : guerre de Troie et guerres puniques, guerre des mercenaires et guerre des esclaves, guerres de l’Antiquité et guerres du Moyen Age, guerres sacrées et guerres de religion, guerre de Trente Ans et guerre de Cent Ans, guerre de la succession d’Espagne et guerre de Sécession, guerre de 1870, de 1914-18, de 1939-40, guerres de Corée, d’Algérie et du Viet Nam, guerre du Liban, guerre d’Afghanistan, guerre Iran-Irak et guerre du Golfe, guerre de Bosnie-Herzégovine et guerre de Syrie... Multitudes des combattants, tous armés de leurs croyances, parfois de leurs convictions, souvent de leurs discernements, impuissants à faire taire la haine et la mort, à drainer la colère, simplement condamnés à massacrer et à périr : les Huns d’Attila, les Versaillais de Thiers, les SS d’Hitler, les kamikazes de l’Empire du Japon, les Khmers rouges de Pol Pot, les moudjahidines du peuple, les cosaques de Vladimir Poutine, les chabiha de Bachar el-Assad,...

Guerre(s). « La guerre nourrit la guerre ». Elle se situe partout dans le monde, à tous les siècles, à toutes les années,... de tous les temps. Le temps où la guerre a des massues, des catapultes, des carquois, des canons, des cuirassés, des avions. Le temps où l’explosion atomique a la forme d’un champignon. Guerre des nerfs. Guerre des pierres. Guerre du feu. Guerre des étoiles. Guerre à mains nues. Guerre de propagande. Guerre de tous contre tous. Guerre d’anéantissement. Guerre économique. Guerre froide. Guerre verte. Guerre propre ? Guerre à l’horizon. Guerre à venir,...
Tant qu’elles ne cesseront pas, tant qu’elles s’arrêteront ici et recommenceront là... Car elles mettent peu de temps à se refaire, ont propension à l’endémie. Elles se rejoindraient si l’on n’y prenait garde en une seule guerre d’anéantissement. Guerre totale.

Guerre(s) : le sujet de cette exposition tient donc tout entier dans ce mot. L’art et la dénonciation de celle(s)-ci.

Philippe Bouchet, novembre 2019

*Nous remercions les collectionneurs privés et galeries partenaires de ce projet pour leurs prêts d'oeuvres.  



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
23 rue du Renard 75004 Paris

Horaires:
Mardi – Samedi
11h – 19h
T: + 33 1 42 77 08 22