ORLAN

saint orlan

12 Septembre - 02 Novembre 2019

New York




Artiste de l'exposition : ORLAN


 La galerie Ceysson & Bénétière est très fière d’annoncer Saint ORLAN, la première exposition qui revisite le travail d’ORLAN, à New York depuis 1995. L’exposition de cette artiste historique et pionnière se tiendra du 12 septembre au 2 novembre 2019.
Dès le début de sa carrière, ORLAN interroge le statut du corps dans la société au vu de toutes les pressions culturelles, traditionnelles, politiques et religieuses qui s’inscrivent dans les corps et particulièrement le corps des femmes.
Pour cette exposition, la galerie Ceysson & Bénétière montre des collages qui n’ont été exposé en Europe qu’une seule fois par Pierre Restany. Ces collages ont été créés au tout début des photocopieuses, ORLAN est parmi les premières artistes à oeuvrer avec le Copy Art. Ses compositions ont été créées à partir de plaques de marbre photocopiés sur des papiers de couleurs qu’elle a ensuite coupé, dans un désir de structurer de manière géométrique l’ensemble du collage et de confronter cette abstraction aux figurations de son iconographie baroque - pour exemple nous citons : Composition avec extase ou encore Trilogie dans les nuages.
ORLAN a longtemps travaillé en citant le Bernin, le Baroque et en s’intéressant beaucoup à l’extase de Sainte-Thérèse où on la voit jouissant de la flèche de l’ange dans une extase érotique ET extatique (Lacan en a beaucoup parlé) alors que les dictats religieux nous demandent de choisir entre le bien OU le mal. ORLAN a construit pratiquement toute son oeuvre sur la notion du ET.
ORLAN comme son homologue américaine Cindy Sherman s’est beaucoup travesti et souvent avec l’aide des draps du trousseau
dans des études documentaires, telle l’oeuvre que nous présentons : Le Drapé - Le Baroque.
De 1990 à 1993, ORLAN va plus loin en décidant de se créer une nouvelle image pour produire de nouvelles images dans son oeuvre en utilisant la chirurgie esthétique. Il est aussi important pour elle d’interroger la notion de beauté, qui n’est qu’une injonction de l’idéologie dominante - géographiquement et historiquement - voulant obliger en particulier les femmes à ressembler à des modèles qu’on leurs désigne (elle a aussi et entre autre travaillé à partir de la Vénus de Botticelli).
En 1993, à New York, a été organisé avec la galerie Sandra Gering Inc. (New York, USA) une exposition et une très grande performance d’opération chirurgicale retransmise par satellite à la galerie, ainsi qu’au Centre Georges Pompidou (Paris, France) et au Centre McLuhan (Toronto, Canada), - ce qui était très en avance sur son temps - (la webcam n’existait pas à ce moment là). ORLAN demande à sa chirurgienne de faire un geste opératoire jamais pratiqué auparavant et qui n’était pas censé apporter de la beauté en lui plaçant deux implants habituellement prévu pour réhausser les pommettes de chaque côtés des tempes.
Les deux photographies historiques que nous présentons ici ont été prises dans sa chambre complètement vitrée de l’hôtel Millenium, où d’un côté ORLAN voyait les Tours Jumelles et de l’autre le Woolworth Building.
Chaque opération était mise en scène, ORLAN costumée avec des robes de Paco Rabane, Issey Miyake, Lan Vu, ... ORLAN lisait des textes pendant l’opération, dirigeait la photo et la vidéo dans le bloc opératoire qui devenait son atelier où l’artiste dessinait avec ses doigts et son sang et créait des autoportraits sur des gaz médicales.

Enfin nous présentons, la suite de 23 photographies de sa performance au Palazzo Grassi (1979, Venise, Italie), s’inscrivant dans le festival interdisciplinaire de l’art corporel, ORLAN se drape avec les draps du trousseau qui en début de performance sont des drapés ou plis magnifiques et qui deviennent petit à petit des hardes, tout aussi magnifiques. Après une longue procession dans le Palazzo Grassi, les drapés sont animés par ses assistants à l’aide de fil devant une caméra de manière à élaborer des études de drapés retransmis en direct sur 28 moniteurs vidéos. À la fin de la performance qui durait 3 heures, ORLAN s’enroule dans un très long tapis rouge jusqu’à former une énorme boule qui tombe dans une barque l’emportant sur le Grand Canal.
ORLAN change constamment et radicalement les données, déréglant les conventions, les prêt-à-penser. Elle s’oppose au déterminisme naturel, social et politique, à toute forme de domination, la suprématie masculine, la religion, la ségrégation culturelle, le racisme...
Toujours mêlée d’humour, parfois de parodie ou même de grotesque, son oeuvre provocante peut choquer car elle bouscule les codes préétablis.
ORLAN s’écrit chaque lettre en majuscule car elle ne veut pas qu’on la fasse rentrer dans les rangs, dans la ligne.




La galerie Ceysson & Bénétière a le plaisir d’annoncer SAINT ORLAN, la première exposition rétrospective des œuvres d’ORLAN à New York depuis 1995. L’exposition se tiendra du 12 septembre au 2 Novembre 2019 et présentera des œuvres historiques de l’artiste.
Depuis plus de 50 ans, ORLAN bouscule les carcans du rapport à soi en utilisant son propre corps pour lutter contre la société. Tout commence avec ORLAN accouche d’elle-même, une photographie datant de 1964, la première d’une longue série d’œuvres se présentant comme autant de manifestes de la réinvention de soi. La photographie montre ORLAN en train d’accoucher d’un mannequin androgyne et s’impose comme une farouche déclaration d’indépendance.
Au cours des années 1970, ORLAN réalise une série de collages rarement exposés dans lesquels elle associe sa propre image avec des éléments visuels de l’iconographie religieuse baroque. Ses compositions incluent des images de marbre photocopié, un procédé qui, comme celui de la modification corporelle, renvoie à la désacralisation d’un matériau considéré comme noble. Dans ces collages, de généreux drapés évoquent la statuaire classique, mais également les plis des chewing-gums d’Hannah Wilke modelés en forme de vulve. ORLAN y apparaît richement drapée, en référence à L’extase de Sainte-Thérèse du Bernin réalisée au XVIIème siècle. La sculpture du Bernin représente Sainte-Thérèse au moment où l’ange transperce son cœur avec une flèche. La pose très explicitement suggestive de Sainte-Thérèse a rendu l’œuvre canonique, ainsi que le paradoxe que la scène suggère entre plaisir et douleur. Par son utilisation du corps en tant que sujet/objet, je et autre, c’est précisément ce paradoxe qu’ORLAN explore.
Dans sa performance de 1979, Le drapé - le baroque, on voit ORLAN - drapée telle une sainte et imperturbable - portée par quatre hommes à l’intérieur du Palazzo Grassi comme pour une procession funéraire. C’est dans le palais vénitien que se déroule ensuite une performance de plusieurs heures au cours de laquelle ORLAN défait son drapé avec lenteur, jusqu’à se dénuder partiellement et révéler un sein (ici encore, elle joue sur le paradoxe de l’érotique et du sacré), se traine à terre dans de la farine, et finit par dévoiler une sorte de ballot ressemblant à un enfant.
Entre 1990 et 1993, ORLAN se lance dans ce qui devient son projet le plus iconique – une série de neuf opérations chirurgicales rassemblées sous le titre de La réincarnation de Sainte ORLAN. Les opérations sont filmées et retransmises en direct dans plusieurs institutions artistiques, comme le Centre Pompidou à Paris. Ayant opté pour des anesthésies uniquement locales, ORLAN est consciente tout au long des opérations et fait même des lectures à son audience. La plus célèbre de ces opérations est celle au cours de laquelle ORLAN se fait poser deux implants –généralement utilisés pour rehausser les pommettes- de chaque côtés du front. (Elle les souligne maintenant avec des paillettes et du maquillage tapageur). Sa convalescence est également documentée, et les images sont présentées dans l’œuvre intitulée Omniprésence. Une fois encore, ORLAN montre qu’elle refuse de stagner dans un monde en mouvement.

Wallace Ludel, juillet 2019. 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
956 Madison Avenue 10021 New York

Horaires:
Mardi – Samedi
11h – 18h
T: +1 646 678 3717