FIAC - HORS LES MURS 2016

20 Octobre - 23 Octobre 2016

Paris



ARTISTE :
Noël Dolla


 Dans le cadre de la FIAC 2016, la galerie Bernard Ceysson présentera simultanément deux installations de l’artiste Noël Dolla : une, au Jardin des Tuileries, avec le programme Hors les murs intitulée Rêve englouti, dans le bassin octogonal ; et une, nommée Rêve éveillé dans les jardins du Petit Palais, avec l’exposition On Site.

Peindre à l’échelle du lieu

En octobre 1969, Noël Dolla gravit l’Authion, pour peindre à plus de 2 000 mètres d’altitude, des taches colorées sur des rochers, en peinture vinylique rose. Intitulée, Propos neutre n°2, cette première intervention dans la nature inaugure une série d’actions in situ du tournant des années soixante jusqu’à aujourd’hui. Entre février 1970 et août 1973, Noël Dolla intervient à de nombreuses reprises sur le paysage naturel et urbain. Ses interventions in situ s’inscrivent dans le prolongement des recherches et expérimentations sur le médium, propres au groupe Supports/Surfaces, auquel Noël Dolla appartient sous sa forme embryonnaire depuis l’exposition collective d’avril 1969, à l’École spéciale d’architecture de Paris. Dès les premières expositions du groupe, les œuvres débordent des murs rompant ainsi avec le cadre traditionnel de monstration de la peinture. Posées au sol, suspendues dans l’espace, les œuvres de Supports/Surfaces s’émancipent des codes d’exposition. Les Restructurations Spatiales et autres œuvres in situ de Noël Dolla interrogent à la fois les frontières et son corollaire, les possibles de la peinture, et par conséquent ses dimensions. Peindre à l’échelle de la nature, du paysage, fait écho aux projets pharaoniques des artistes Land Art, à une nuance près, les interventions in situ de Noël Dolla demeuraient éphémères. Les sels colorés de l’hiver 1970 à la Cime de l’Authion, ne survécurent pas à la fonte des neiges, les disques de carton de l’été 1970 furent recyclés par les promeneurs, et les boules de polystyrène pour l’air, l’eau et le sol retrouvèrent l’atelier de l’artiste une fois l’intervention terminée. Seuls demeurent les souvenirs des rares spectateurs et des documents photographiques de ces œuvres temporaires. Ces interventions, d’abord assez confidentielles, connurent par la suite une plus large réception, à partir de 1980, l’artiste réalise à Nice, la Restructuration Spatiale n°5 sur la plage de galets en contre bas de la Promenade des Anglais. Le temps d’un week-end, les promeneurs pouvaient admirer les trois cratères de 30 mètres de diamètres aux nuances d’ocre jaune et ocre rouge, renvoyant volontiers au relief irrégulier de la croûte terrestre. En 1998 et 1999, Noël Dolla déploya mille boules de polystyrène sur le lac de Vassivière et entre les parois du MAMAC de Nice. Plus récemment, il est intervenu dans le Parc des Buttes-Chaumont dans le cadre de la quinzième édition de Nuit Blanche (2009) et dans le jardin Evergreen du siège social du Crédit Agricole à Montrouge (2010).
A travers ses installations, Noël Dolla n’a cessé d’imaginer des peintures à l’échelle du paysage urbain et naturel.

Élodie Antoine, 2016.