Christian Floquet

Né en 1961, Suisse.

Vit et travaille à Genève, Suisse.



   Formation


1986   Ecole supérieure d'art visuel de Genève



   Présentation


Les commentateurs de l'œuvre de Christian Floquet (né à Genève en 1961) ont souvent dit le rapport de ses tableaux avec le mur d'exposition : application soigneuse de la peinture au rouleau - afin d'éviter toute forme de facture -, aplats sans modelé et espace bidimensionnel. Ils ont également souligné le jeu établi entre le fond et la forme, qui à cet égard n'est pas sans rappeler certains des questionnements des artistes de Supports/Surfaces au tournant des années 1970.


Mais rares sont ceux qui ont exposé l'importance de l'oblique et de l'asymétrie chez Floquet. Véritables maîtresses de ce jeu, ce sont elles qui, barrant littéralement la toile, s'opposant aux lignes parallèles du châssis et du mur, révèlent la picturalité même du tableau. Et lorsque la couleur vive et intense vient nourrir le déséquilibre des masses, elle achève, dans un mouvement concomitant, de (dé)construire l'espace. Quant au blanc, auquel le peintre a parfois recours plutôt qu'à la couleur, il permet d'intégrer - par la partie qui se risque alors entre le plein et le vide - l'idée du mur au cœur de l'œuvre.


Lié à une mouvance héritière de l'Op Art, de l'art concret et du minimalisme, Floquet se charge là d'actualiser et de repenser des recherches entamées par ses prédécesseurs après la Deuxième guerre mondiale. Sa quête est aussi celle d'une sobriété absolue, sans cesse répétée. L'obsession pour la figure géométrique et le fond - et leur lutte créée par l'illusion optique du rabattement des plans -, n'a cessé depuis plus de vingt ans de se réaffirmer chez lui avec une rare et belle constance.


Texte de Camille Vieville


   Collections publiques 

Frac Bourgogne, Dijon, France 

Frac Grand-Large - Hauts-de-France, Dunkerque, France

Musée de Grenoble, France

Musée d’art contemporain de Lyon, France 

Centre national des arts plastiques, Puteaux, France 

Christian Floquet, sans nul doute, s'intéresse à l'histoire des formes abstraites, mais cette histoire n'est pas le sujet de sa peinture. Sa peinture entérine bien la perte du modernisme, mais ne s'en fait pas pour autant la déploraison. Elle tente au contraire d'en sauver l'essentiel : une morale de l'engagement doublée d'une forme de sincérité dans l'acte de peindre. Son choix de l'abstraction et du vocabulaire moderniste ne relève donc pas tant de l'esthétique que de l'éthique - une attitude qui, au début des années 1980, n'avait rien d’attendu. (…)


En 1982, Floquet visite la 7e édition de la Documenta de Cassel, qui déploie, à côté des tendances minimalistes et conceptuelles de la décennie précédente, la peinture de la transavantgarde italienne, celle des néo-fauves allemands, ainsi que la bad painting américaine. La réaction est immédiate : faire de la peinture, oui - mais certainement pas cette peinture du retour à la peinture, qui abandonne, dans les facilités du style et l'exhibition du métier (aussi faussement négligé soit-il), dans les délices de la transgression (aussi convenue soit-elle) des hiérarchies entre le high et le low, toute conscience des engagements modernistes. L'attention de Floquet se porte plutôt sur Claude Rutault et son approche conceptuelle du monochrome, sur la peinture discursive de son compatriote Remy Zaugg, et sur l'abstraction équivoque d'un Gerhard Richter : autant d'exemples, aussi précieux que différents, de démarches qui réinsufflent dans le médium traditionnel de la peinture des questionnements capables à plusieurs titres d'en soutenir la pertinence face à la posture anti-idéologique du post-modernisme.


Mais Floquet n'en est pas encore là. Ses premières œuvres manifestent toujours, avec une sorte de spontanéité confiante, plusieurs des symptômes de ce goût retrouvé pour la peinture. (…) Ses premiers travaux réinventent à tâtons et pour leur propre compte le vocabulaire d'une peinture qui puiserait dans les mêmes forces subjectives. Les toiles sont très grandes : 150 x 200 cm est un minimum, souvent largement dépassé pour atteindre des surfaces de plus de deux mètres par trois ou même quatre. (…)


Au terme de ses années de formation, Floquet a donc effectué avec la géométrie le choix d'un mode d'expression n'interdisant pas le maintien d'une forme de subjectivité, mais d'une subjectivité qui n'en passe pas nécessairement par l'exhibition du geste : « La subjectivité du coup de pinceau ou du geste, c'est quelque chose qui ne m'intéresse pas. C'est une fausse subjectivité. Il faut essayer de mettre sa subjectivité ailleurs. » Dans le choix des couleurs, par exemple, qui ose des confrontations censées contrer les inclinations du goût. Dans la part d'instinct dont dépendent les choix compositionnels, qui proviennent avant tout « d'une énergie, d'une réaction à la toile », devant l'espace du tableau, le format. L'engagement devient l'un des maître-mots de son discours, un curseur permettant de se situer entre l'idéalisme des modernes et la désinvolture des post-modernes, avec à l'esprit les exemples de Ryman, Richter ou Knoebel. (…) Ces intentions s'incarnent entre autres dans la forme d'implication physique et manuelle que suppose le maniement des grandes dimensions et le travail répétitif de recouvrement au rouleau, que l'artiste assimile à deux reprises, dans le même entretien, à l'obstination du peintre en bâtiment : « Je peins comme si je peignais un mur. »


Certaines de ces procédures évoluent rapidement et s'adaptent aux nouvelles conditions de travail du peintre. Ne disposant plus des grands espaces de l'école, Floquet, sans renoncer aux grandes dimensions, réalise également des tableaux de format plus modeste. (…)


« Je peins comme si je peignais un mur », disait déjà Floquet au début de sa carrière - on s'en souvient. L'affirmation désignait aussi l'architecture comme paradigme possible d'une peinture imposant sa présence physique dans l'espace avec la même évidence que le bâti : non pas tant peindre un mur que construire ce mur, édifier devant le regard une paroi opaque qui redouble celle du mur, ou qui s'y identifie. Floquet apprécie en effet dans l'architecture - cet art beaucoup moins ambigü et plus empirique que la peinture - sa capacité à faire intrusion, à se faire admettre au prix éventuel d'une certaine brutalisation de son environnement direct. Le mur de peinture édifié par l'artiste cherche de même à imposer l'indépassable présence physique du tableau. Par la peinture imposer le tableau dans l'espace réel comme l'architecture y impose le mur, sans craindre même d'y faire violence : que le tableau fasse obstacle, et que l'on ne puisse s'y dérober. Cette affirmation s'accompagne en outre d'une stratégie consistant à environner l'œuvre d'une certaine qualité de silence, plutôt que de la construire à travers le discours. « Après l'abandon de toute expressivité, le silence théorique permet peut-être, pour une fois encore, de laisser voir la peinture », écrit Christian Besson dès la fin des années 1980, alors qu'il est l'un des tout premiers à relever ce « grand silence » de la peinture de Floquet. Cette position auto-suffisante et littéraliste est bien celle que promouvaient, après Frank Stella, les mentors de Floquet au milieu des années 1980, lorsque Armleder déclarait qu'avant tout « ce qui s'impose à nous, c'est une peinture et sa démonstration formelle » et que Mosset renchérissait : « On peut toujours dire ceci ou cela, mais le travail c'est quelque chose qui se regarde, qui se voit et c'est ce que c'est. » C'est un indice supplémentaire de l'appartenance de Floquet, par-delà les jeux conceptuels du néo-géo, à une tradition de l'abstraction où l'on s'est toujours fait la même haute idée du tableau, comme lieu à la fois de concentration et d'épanchement d'une subjectivité sans pathos, sans geste déplacé, presque distante. « Je peins comme si je peignais un mur » : un mur de silence, donc.


Extraits de texte de Arnauld Pierre

Expositions monographiques à la galerie
Christian Floquet, Wandhaff
14 Décembre 2019 - 15 Février 2020

Christian Floquet, Saint-Étienne
16 Mars - 06 Mai 2017

Christian Floquet, Paris
24 Mai - 21 Juin 2014


Expositions de groupe à la galerie
La Ligne Passée, Luxembourg
30 Juin - 16 Septembre 2012

La Ligne Passée, Luxembourg art moderne
30 Juin - 15 Septembre 2012

Christian Floquet - Franck Chalendard, Genève
03 Mai - 14 Juillet 2012


Expositions personnelles

2019
Galerie Joy de Rouvre, Genève, Suisse

2017
Galerie Bernard Ceysson, Saint-Étienne, France

2016
Galerie Joy de Rouvre, Genève, Suisse

2014
Galerie Bernard Ceysson, Paris, France
Galerie Barnoud Entrêpot 9, Quetigny, France

2012
Christian Floquet / Franck Chalendard, Galerie Bernard Ceysson, Genève, Suisse

2011
Galerie Media, Neuchâtel, Suisse
L'Elac, Renens, Suisse

2009
Galerie Jacques Girard, Le Printemps de Septembre, Toulouse, France

2005
F. Beaudevin / C. Floquet / CR. Tissot, Can, Neuchâtel, Suisse

2003
Espace Arlaud, Lausanne, Suisse
Galerie Am See, Zoug, Suisse
Deux couleurs, pas plus,, Mamco, Genève, Suisse

2002
Confer artactuel, Nyon, Suisse
 
2000
Galerie Am See, Zoug, Suisse

1999
Copyright tutti edition, Verduno, Italie

1998
Galerie Eva Mack, Göppingen, Allemagne
Galerie Am See, Zoug, Suisse

1997
Palais de l'Athénée - Salle Crosnier, Genève, Suisse

1996
Julije Knifer/Christian Floquet, Mamco, Genève, Suisse

1995
Galerie Etienne Tilman, Bruxelles, Belgique
Galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne, France

1994
Espace Michel Voisin, Biot, France

1992
Galerie Marika Malacorda, Genève, Suisse

1991
Galerie Gilbert Brownstone, Paris, France

1990
Galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne, France
Galerie Marika Malacorda, Genève, France
Tilman Fesler & Coufo Art Gallery, Bruxelles, Belgique

1989
Sous-sol, Ecole Supérieure d'Art Visuel, Genève, Suisse

1988
Galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne, France

1987
Galerie Marika Malacorda, Genève, Suisse
Le Consortium, Centre d'Art Contemporain, Dijon, France
Kunsthalle, Winterthour, Suisse
Musée Géo-Charles, Echirolles, France
Musée des Beaux-Arts, La Chaux-de-Fonds, Suisse

1986
Galerie Rivolta, Lausanne, Suisse

1985
Galerie Marika Malacorda, Genève, Suisse

1984
Filiale, Bâle, Suisse

Expositions collectives

2019
Ian Anüll peinture en promo, Musée jurassien des arts, Moutier, France
 Furka kunst auf dem pass ab1983, Haus fur Kunst, Uri, Suisse
Friends, etc. La Collection Pierre Keller, Musee Jenisch, Vevey, Suisse
Alentour a project by John Armleder, Fondation Cab, Bruxelles, Belgique

2018
Nouvelles images, MAMCO, Genève, Suisse
Voyages en zigzag la collection d’Erwin Oberwiler, Musée des Beaux-Arts de la Chaux-de Fonds, Suisse
DOJO le temps de l’abstraction, Le Commun, Genève, Suisse
Double crème, Galerie Lange + Pult, Auvernier, Zurich, Suisse

2017
Répliques : l’original à l’épreuve de l’art, Musée des Beaux-Arts de la 
 Chaux-de-Fonds
Ian Anüll peinture en promo, Haus fur Kunst, Uri, Suisse

2016
Tous les tableaux sont à l’envers, Galerie Barnoud Entrêpot 9, Quetigny, France
Récit d’un temps court, MAMCO, Genève, Suisse

2015
Biens publics, Musée Rath, Genève, Suisse
Print making by ECAL, Musée Jenisch, Vevey, Suisse

2012
La ligne passée, Galerie Bernard Ceysson Luxembourg, Luxembourg
Tell the children, La Salle de Bain, Lyon, france

2009
Sept pièces faciles, Musée des Abattoirs, Le Printemps de Septembre, Toulouse, France

2008
Abstraction étendue, Espace de l'Art Concret, Mouans-Sartoux, France

2006
Peintures aller / retour, Centre Culturel Suisse, Paris, France
Galerie Confer, Nyon, Suisse

2001
Malerei, Galerie Eva Mack, Stuttgart, Allemagne

1999
bianco et nero, Galerie Am See, Zoug, Suisse

1998
gelb-rot-blau, Galerie Am See, Zoug, Suisse
Le Trésor, (collection), Frac Bourgogne, Dijon, France
Swiss Contempory Art Exhibition, Sungkok Art Museum, Séoul, Corée-du-Sud
Qu'est-ce que l'abstraction géométrique ? La réponse de 12 artistes, Musée Matisse, Cateau-Cambrésis, France

1997
Les formes du simple, Villa du Parc, Annemasse, France
La rayure, l'intervalle, le jour, Frac Nord Pas-de-Calais, Dunkerque, France
Regel und abweichung, Schweiz konstruktiv 1960-1997, Haus für konstruktive und konkrete kunst, Zürich, Suisse

1996
Chez l'un, l'autre, Paris, France
Stiftung für Konkrete Kunst, Reutlingen, Allemagne
Histoires de Blanc et Noir, Musée de Grenoble, Grenoble, France

1994
Furkart 1994, Uri, Allemagne

1993
Peintures, Galerie Pierre Huber, Genève, Suisse

1992
Ecart show, Galerie Susanna Kulli, St-Gall, Suisse
Blanc, Bleu, Noir, Institut Français de Naples, Naples, Italie

1991
Extra-Muros Art Suisse Contemporain, Musée Cantonal des Beaux-Arts, Lausanne, Suisse
Septième Triennale de l'Inde, New Dehli, Inde

1990
Morellet, Soto, Floquet, Manz, des Gachons, Fraisse-des-Corbières, France

1988
John Armleder, Christian Floquet, Jean-Luc Manz, Christian Marclay, Olivier Mosset, Kunstverein Freiburg, Freiburg, Allemagne

1988
Ecart show, Galerie John Gibson, New York, États-Unis

1986
Galerie Marika Malacorda, Genève, Suisse
Œuvres choisies du FRAC de Bourgogne, Centre d'Art Contemporain, APAC, Nevers, France

1985
Filiale, Bâle, Suisse

1984
Musée Rath, Genève, Suisse
Artistes de Genève, Kunstmuseum, Lucerne, Suisse





Christian Floquet, Textes de Catherine Queloz, Xavier Douroux, Eric Colliard, entretien entre Francis Baudevin et Christian Floquet, 1990, édition française

Christian Floquet - Engager la peinture, Arnauld Pierre, MAMCO, 2013
La Galerie Ceysson & Bénétière conclut l'année avec trois expositions
Chronicle.lu - JCA
29 Novembre 2019
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Christian Floquet, l'abstraction intuitive
L'essor de la Loire - D.B.
28 Avril 2017
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Le Progrès - Clément Goutelle
08 Avril 2017
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05 Mai 2017