Antoine Donzeaud

 ( 1985, France)

Né en 1985, France.
Vit et travaille à Paris, France.

Formation

2010
DNSEP avec mention, Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nice, Villa Arson, Nice, France

2008
DNAP, l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nice, Villa Arson, Nice, France

2007
Programme d’échange, UCLA, Los Angeles, USA

Résidences

2017
Nirox Foundation, Johannesburg, Afrique du Sud

2016
La Brea Residency, Los Angeles, États-Unis
Rupert, Vilnius, Lituanie

2011
La Générale en Manufacture, Sèvres, France
L’histoire de l’art progresse souvent par retournements. Ce terme, il faut l’entendre au sens le plus littéral du terme. Il n’y a qu’à penser au fameux urinoir de Marcel Duchamp, dont on oublie souvent qu’il procède d’une intervention certes mineure : un basculement d’un quart de tour. Irrévérencieux certes, le geste fondateur de l’art contemporain indique aussi qu’est possible autre forme d’opposition à l’ordre établi que la simple critique. Plutôt que d’en prendre le contrepied, apporter du jeu dans les rouages et préférer, pour le dire avec les mots du critique Hal Foster, l’ « exacerbation mimétique » à l’opposition frontale. C’est d’un tel état d’esprit que relève le travail d’Antoine Donzeaud, et qui se propage à travers ses différentes séries : les châssis déconstruits, les sérigraphies sur bâches publicitaires, les fenêtres industrielles ou encore les vidéos. A vrai dire, si nous évoquions en entrée le retournement, c’est que le terme – et le geste – a également valeur d’acte de naissance de sa pratique. « En dernière année de la Villa Arson à Nice, l’école d’art dont je suis diplômé, une vingtaine de mes toiles ont été vandalisées », raconte ainsi l’artiste. « Tout en faisant déjà de la vidéo et de l’édition, j’étais alors dans une pratique de peinture plutôt figurative, d’après photo ou déclinant un répertoire de gestes. J’ai d’abord tenté de réparer les toiles en les déchaussant et en y apposant des patchs. A terme, l’événement a été déclencheur d’une envie de m’éloigner de la peinture pour considérer l’ensemble, le châssis aussi bien que la toile, comme des éléments sculpturaux ». S’ensuivra une première série intitulée Untitled PE montrée lors de son exposition solo The Moon is a harsh mistress dans le project-space de la galerie Valentin à Paris en 2014, où l’artiste retourne la toile sur le châssis tout en le tendant d’un film transparent.

Retourner la toile, détourner la peinture certes, mais Antoine Donzeaud ne s’inscrit pas pour autant dans la filiation de mouvements recherchant la « simple mise à nu des éléments picturaux » comme l’écrivaient en 1969 les membres de Supports/Surfaces dans le catalogue de leur exposition au Havre La peinture en question. Chez eux, qui exposèrent également la peinture en qualité d’objet sculptural, la mise à nu des qualités matérielles visait à interdire toute divagation vers un « ailleurs » – la personnalité de l’artiste, sa biographie ou l’histoire de l’art. Chez Antoine Donzeaud, au contraire, la narration fait précisément retour lorsqu’advient l’abstraction. Cette narration n’est pas de l’ordre la filiation formelle de l’histoire de l’art mais s’enracine dans le vécu immédiat de l’artiste. Pas de grande histoire, ni de références clairement assignables pour autant, mais une infiltration du quotidien plutôt de l’ordre d’une irrémédiable porosité entre l’art et la vie acceptée et accueillie comme telle. Né en 1985, Antoine Donzeaud transpose ainsi dans ses œuvres la déhiérarchisation des sources propre à sa génération. Dans une même exposition, à l’image de sa deuxième à la galerie Valentin en 2016 qu’il intitule De 10h à 4h du matin, se mêlent les images prélevées dans la rue et les vidéos glanées sur internet, la pop culture et le pouvoir de transmutation du white-cube. En empruntant le titre au tube Je vis, je visser du groupe de rap PNL, l’artiste rapproche insensiblement le trafic de drogue à la sauvette dont traite les paroles de la chanson au travail de l’artiste.

Dans les deux cas, il s’agit à la fois d’une activité tout ce qu’il y a de plus réglée répondant à des horaires fixes, dont le succès dépendra d’une intelligence de la situation, d’une capacité à venir se couler entre les brèches de la société néocapitalisme et d’une urbanité lissée pour que rien n’en dépasse. Décaler le ready-made donc, déplacer la perspective habituelle, à l’image de ces Ordinary Objects for Common Use (Corner Couch) où les rebuts sans qualité, comme ces canapés abandonnés dans la rue, deviennent l’objet du regard esthétique dès lors qu’ils sont sérigraphiés sur bâches publicitaires. Ou encore avec les imperméables « Vêtememes », commandés à un site commercialisant des parodies de la marque ultrahype Vêtements, faisant elle-même son miel d’une reprise second degré de codes vestimentaires pas forcément conscients, allant de la panoplie punk à celle de l’employé de bureau lambda. Pas de posture critique dans ces ready-mades aidés où l’intervention de l’artiste reste cruciale pour celui qui, en guise de généalogie artistique, cite les grands maîtres de la peinture allemande, Sigmar Polke ou Georg Baselitz (autre grand adepte du retournement), les expressionnistes américains comme Robert Rauschenberg, l’art minimal avec Carl Andre ou l’appropriationnisme avec Elaine Sturtevant. De l’empathie plutôt, dont se dégage une certaine image de l’artiste à l’ère de Youtube et des memes comme figure d’ouverture et d’hospitalité se laissant traverser par les flux et les pratiques. Agrégateur de contenus et de registres différents plutôt qu’inventeur de formes ex nihilo, cette qualité intrinsèque à sa pratique d’artiste se retrouve également dans l’une de ses autres activités. « Lorsque je suis revenu à Paris après avoir fini l’école, j’ai commencé à montrer des expositions dans mon atelier à Belleville avec une curatrice, Elisa Rigoulet. Avec EXO EXO, le nom du project-space, je pensais d’abord intervenir comme régisseur au niveau de l’installation, mais peu à peu, j’ai commencé à avoir également un regard sur la programmation. » Avec des expositions de jeunes artistes peu montrés à Paris comme Pakui Hardware, Adam Cruces ou Zoe Barcza, l’espace prolonge sous d’autres formes l’énergie et l’ouverture à une diversité hétéroclite du travail d’Antoine Donzeaud. Démontrant une cohérence aussi fluide qu’une navigation sur internet qui se construit tout en lignes sinueuses, imprégnation et mimétisme.

Ingrid Luquet-Gad
Expositions de groupe à la galerie
Le grand détournement , Paris
27 Juin - 03 Août 2019


Expositions personnelles

2019
TBA, New Galerie, Paris, France
TBA, Les Limbes, Saint Etienne, France

2018
Old people love me, Ultrastudio, Pescara, Italie
Une décision purement pratique, Musée Vesunna, MAAP, Centre de la Visitation, Périgueux, France
Losing interest, Valentin, Paris, France

2017
Pacing with Richard, Nirox Foundation, Johannesburg, Afrique du Sud

2016
De 10h à 4h du matin, Valentin, Paris, France
A thousand friends, Rupert, Vilnius, Lituanie
Hold me closer Ed it’s getting dark, duo-show avec Isaac Lythgoe, The Cabin, Los Angeles, États-Unis

2015
Hometown Blues, DASH, Kortrijk, Belgique
Raise high the roof beam, carpenters, MonChéri, Bruxelles, Belgique
Needless to say I have some unusual habits, duo-show avec Micah Hesse, Rivoli2 Foundation, Milan, Italie
Mr. Vertigo, duo-show avec Hubert Marot, La Sira, Asnières, France

2014
The Moon is a harsh mistress, Valentin, Paris, France
In The Clear, Caring, Curing, duo-show avec Adam Cruces, Nam Project, Milan, Italie

Expositions collectives

2019
Le Grand Détournement, Ceysson & Bénétière, Paris, France
Saturnine, Chicago Manual Style, Chicago, États-Unis
Mémoire de Formes, Galerie Michel Journiac, Paris, France

2018
Il fait toujours plus sombre en bas, Grande Surface, Bruxelles, Belgique
Décadence, Franklin Azzi, Paris, France
Cross the Breeze, Valentin, Paris, France
Intoto, Fondation Ricard, Paris, France

2017
Two 4 One, BWA, Zielona Gora, Pologne
Inventeurs d’aventures, Villa Arson, Nice, France
Summary, Valentin, Paris, France
IOP, Jocelyn Villemont, Antoine Donzeaud, MonChéri, Bruxelles, Belgique
Air Switchers, Garage Larrey, Paris, France
The Plates Of The Present, So Far, Praz-Delavallade, Paris, France

2016
Show Divers, Valentin, Paris, France
GMT+0100, Platform, Stockholm, Suède
A thousand friends part 2, New Jorg, Vienne, Autriche
Dark Mimes, Ashes/Ashes, Los Angeles, États-Unis
Body Holes, New Scenario, Berlin, Allemagne
Beau Lauss, Last Resort, Copenhague, Danemark

2015
Doc 23.10-7.11, Doc, Paris, France
(Idéale) Géographie, CAC Moulin du Roc, Niort, France
Popup Monchéri, Galerie Valentin, Paris, France
What is a Bird? We simply don’t know, Galeria Nicodim, Bucharest, Roumanie
Check XXe, After Howl, Bruxelles, Belgique
Volumes, Berthold Pott, Cologne, Allemagne
Outrage, Cité des Arts, Paris, France
Perpetuum Mobile, Galeria Casado Santapau, Madrid, Espagne

2014
The Political Failure, Galerie Valentin, Paris, France
173 East 94th Street / Chaussée de Waterloo 550, Middlemarch, Bruxelles, Belgique
Screensaver, Exo Exo, Paris, France
Minimenta, Galerie Bertrand Baraudou, Paris, France

2013
Contemporary Visions IV, Beers Contemporary, Londres, Royaume-Uni
Re-place, Exo Exo, Paris, France

2011
L’Art Contemporain et la Côte d’Azur, Villa Arson, Nice, France

2010
Cette année là..., MFA Degree show, Galerie de la Marine, Nice, France

2009
Bal tragique à la Villa, Galerie Carrée, Villa Arson, Nice, France
La Nuit des Musées, Musée de la Chasse et de la Nature, Paris, France
Presse

2018
Feature, Cactus Magazine #7
Jessica Saxby, The New Paris Scene: Reclaiming a Radical Past, Elephant.art
Pedro Morais, Nouvel âge d’or des lieux d’art indépendants, Le Quotidien de l’Art #1482
Julie Ackermann, Special Paris, Beaux Arts magazine #406
Ingrid Luquet-Gad, Feature, Duel Magazine #2
Julie Ackermann, Les laboratoires de l’art du futur, Les Inrockuptibles

2017
Artist of the week, interview, lvl3media.com
Julien Carrasco, Inventeurs d’Aventures, pointcontemporain.com
Ingrid Luquet-Gad, L’avenir de l’art est dans le parking, Numéro Art #1

2016
De 10h à 4h du matin, moussemagazine.it
Margaux Luchet, De 10h à 4h du matin, jeunescritiquesdart.org
Stefano Pirovano, The ex post manifesto of the most talented art project in Paris, ConceptualFineArts.com
Romuald Demidenko, Vilnius at work, A thousand friends, newartcenter.info

2015
Judicaël Lavrador, Plasticiens, la génération débrouille, Libération, November 9th, FR
Sophie Yerly, One Message Interview, wefindwildness.com
Alain Berland, To be or not to be abstrait, Mouvement Magazine #78, FR
Valérie Toubas, Antoine Donzeaud, Folded Painting, pointcontemporain.com
Raise high the roof beam, carpenters. Antoine Donzeaud, curamagazine.com

2014
Ingrid Luquet-Gad, 3e biennale de Belleville (Exo Exo), Artpress #417, France
Julia Geerlings, Le retour de Paris (Exo Exo), Metropolis M #4, NL

Bibliographie

2019
Mémoire de Formes, Beaux-Arts de Paris, France

2017
All theTime at Work, Galeria Labirynt, Pologne

2015
DUST : The Plates of the present, Sonel Breslav, Blonde Art Books, New York, États-Unis
Idéale Géographie, Classic, Paris, France

2014
Boat People Recit Editions, Paris, France

2012
Le Mans 24h, Les Editions de Janvier, Paris, France

2010
Towards a consideration of Instrumentalization, Antinomian Press, Sebastopol, États-Unis
Vandales, Villa Arson, Nice, France