Jean-Michel Meurice

IPOMÉES, ARÉTHUSAS ET CYCLAMENS

20 Janvier - 19 Mars 2011

Saint-Etienne




Artiste de l'exposition : Jean-Michel Meurice


 « Le plus court chemin d’un point à un autre, semble dire depuis plusieurs années la peinture de Jean-Michel Meurice, n’est pas la ligne droite, mais la rêverie. C’est que depuis près de deux ans, sa peinture a retrouvé le monde. Ces belles-de-jour, qui s’épanouissent sur ses toiles, sont certes des fleurs identifiables, dans leurs différents états – du bouton à la corolle flétrie - mais ce sont d’abord des dessins, une autre manière de nouer la ligne, de prendre dans le lasso du trait l’émotion de la main. Une autre façon aussi de relayer l’émotion colorée dont il était, dès ses premiers tableaux des années 70, passé maître.
Meurice laisse percevoir le plaisir d’une main enfin libre qui, sans renier l’ascèse de ses tableaux initiaux, refuse désormais d’ignorer tout ce dont ceux-ci jusqu’alors la privait.
Bien des gens verront précisément dans ces dernières œuvres, non la manière de réintroduire par l’arbitraire de la découpe l’espace vierge du support, mais la preuve d’un retour au réel et l’intrusion d’une image figurative chez un des peintres abstraits les plus prometteurs de sa génération. Nul doute qu’ils ne se sentent confortés dans leur approche par les œuvres récentes de Jean-Michel Meurice. Celles-ci sont pourtant à l’inverse des premières : la réserve parlait d’une absence du monde, les tableaux actuels célèbrent son retour. C’est que depuis quelques années, l’œuvre de Meurice a choisi de prendre le parti du plaisir, et d’abord celui du plaisir de peindre, contre le parti du retrait. Une série d’œuvres, initiées à Bages en 2005, utilisait avec une vigueur iconoclaste et dans un joyeux mélange tout ce qui avait contribué aux travaux précédent, mais en laissant évidents cette fois la liberté de la main déposant la couleur sur le support, le bonheur du débordement passé à la rigueur de la règle, l’envie de tout dire en place de l’ascèse du silence.

Il est dans la vie d’un peintre,comme en celle de tout homme, un moment où s’éprouve le besoin demesurer le chemin parcouru, de comprendre la courbe tracée, de chercher à faire enfin s’accorder l’instinct des commencements et le point où l’on est arrivé comme malgré soi. Cette nostalgie des origines a fait percevoir autrement par l’artiste, ces études dont Jean-Michel Meurice n’avait jamais perdu l’habitude : éléments botaniques que le crayon, depuis les années d’école, s’employait à fixer dans cette linéarité souple qui, il y a peu encore, fascina aussi bien Matisse que Kelly.

Ce que disent les fleurs de Jean-Michel Meurice n’est ni le langage symbolique des amoureux et des fleuristes, ni le code précieux de Charles Swann, ce n’est pas même la méditation sur sa vie et la mort qui faisait ficher d’un œillet un fragile vase de cristal dans les tableaux des maîtres flamands, c’est une invitation, par delà cette nouvelle volubilité, à descendre de ces Belles d’un jour, de leurs réseaux de traits arachnéens où viennent se prendre les couleurs jusqu’aux invisibles rhizomes qui garantissent l’unité de la floraison et la promesse de nouveaux surgissements ».
© 2010 Daniel Abadie


Biographie

Jean-Michel Meurice est né à Lille en 1938. Élève de l’École des Beaux-arts de Tournai en 1957, il rencontre Pierre et Colette Soulages dans les années 60 et expose chez Jean Fournier en 1966. Parallèlement, il commence une œuvre de cinéaste par une série de portraits d’artistes (Bram Van Velde, Sonia Delaunay, Alberto Burri…). Quatre de ses Pénélopes sont dans les collections du Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
En 1987 il s’est vu confier la réalisation d’un plafond au Musée Picasso d’Antibes. Le Grand Prix National lui est décerné en 1992 pour l’ensemble de son œuvre. Son travail est exposé dans le monde entier (Tokyo,Pékin,Copenhague,Stockholm,Paris...).

 



Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
8 rue des Creuses 42000 Saint-Etienne

Horaires:
Mercredi – Samedi
14h – 18h
T: + 33 4 77 33 28 93