Aurélie Pétrel

Cycle 2, figures photographiques

09 Septembre - 14 Octobre 2017

Paris



ARTISTE DE L'EXPOSITION :
Aurélie Pétrel


 Le temps dilaté du centre de recherche est uniquement scandé par le bruissement du calque et le bruit des pas, amorti par la moquette lourde et violette.
Les gants blancs ouvrent des boîtes d’archives et des cartons, soulèvent les papiers non acides qui séparent les dessins originaux, les tirages, les notes manuscrites. Le geste est lent, ample et répétitif, minutieux aussi. Il révèle.
L’exposition, quant à elle, fixe (mais temporairement, comme toujours chez Aurélie Pétrel). Des structures de l’architecte américain Peter Eisenman, Pétrel tire des figures. De la logique inhérente à ses formes, elle extrait une matière qui se mêle ici à la texture des phrases chuchotées. Ce n’est pas l’espace – qui relève chez Eisenman d’une opération conceptuelle – que recherche l’artiste dans les croquis et les vues axonométriques de l’architecte, mais le trait – tantôt clinique, tantôt hésitant, toujours superposé à celui des autres dessins d’une même pochette – auquel elle redonne corps et dimension. C’est cette transparence comme propriété organisationnelle, et non matérielle, qu’elle donne ici à éprouver. C’est la concentration des corps arqués sur la table de consultation, œil plissé pour saisir le travail par-delà les traces, pour restituer mentalement les transformations de la matière : subdivision, glissements, superpositions, sectionnements, autant d’opérations que l’artiste redéploye, dans un moment fugitif.

Emmanuelle Chiappone-Piriou, 2017.
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Cette première exposition chez Ceysson & Bénétière constitue le chapitre introductif d’un nouveau cycle de recherche, entamé par l’artiste il y a un an. Après la confrontation avec la collection du FRAC Centre-Val de Loire, Pétrel s’est penchée sur les archives du Centre Canadien d’architecture (CCA), confirmant ainsi l’importance de la pensée architecturale dans sa démarche qui dépasse la photographie pour embrasser l’installation.