Philippe Favier

02 octobre - 20 novembre 2021

Philippe Favier

02 octobre - 20 novembre 2021




 Je ne trouve pas , je cherche…


J’ai en permanence besoin de retrouver le goût de la découverte.[…]
Il me semble qu’elle est l’activité fondamentale de ma vie. Tant que j’aurai cette façon gourmande de vivre, j’aurai envie de transcrire cette énergie en traces. Créer me permet de vérifier que je suis vivant, que je suis libre, si c’est possible. […]

Je ne me présenterais pas comme un peintre, j’ai trop de respect pour la peinture, mais surtout elle ne correspond pas à mon propos. Je suis de toute façon plus un dessinateur qu’un peintre,
mais je suis un dessinateur insatisfait et je trouve qu’il manque toujours quelque chose dans mes dessins et les lettres et les chiffres me permettent d’équilibrer les espaces. Ils viennent comme des ponctuations, des tatouages peut-être. […]

Je prends souvent comme référence les planches que l’on trouve dans les encyclopédies et les dictionnaires dont je me nourris depuis que j’ai 14 ans. Elles se présentent toujours avec un ensemble de lettres et de chiffres qui correspondent à un corpus ou un codex. Lorsqu’on ajoute des chiffres ou des lettres à un dessin, il peut devenir un plan, une maquette ou les prémisses d’autres choses.[…]

Il est important de préciser que c’est la cueillette qui m’intéresse et non pas la recherche. Lorsqu’on recherche il y a préméditation et on risque gros ![…]
Je ne suis en rien un collectionneur ou un accumulateur compulsif et je me compare plus à un cueilleur de champignons tête en l’air. L’idée que je risque de découvrir sans avoir désiré est plutôt excitante. […]
Je n’arrive pas à définir précisément la potentialité d’un objet, mais à partir du moment où je l’ai repéré, il y a une parcelle de mon cerveau qui murmure qu’il y a là matière à en faire quelque chose. […]

Depuis quelques années, je n’écoute plus que mon imaginaire , dans une sorte de pulsion onirique. Il me permet de me sentir en totale liberté créative. De toutes façons, si j’ai bien fait, ça se verra et si j’ai mal fait ça se verra aussi ! […]

Jouer avec le « hasard » procure une sensation de puissance inouïe. […]
Quand je suis dans mon atelier, je suis dans une boucle autarcique et autonome. Mon sens critique est en vacances au moment où les œuvres se font, comme si j’avais un clapet dans le cerveau qui se referme et qui interdit tout jugement hâtif. […]

Même si créer c’est prendre des décisions en permanence, le temps de la réflexion est un autre temps, il en faut énormément pour créer et comme je cherche beaucoup, je dois produire beaucoup pour réussir un peu.


Extraits de l’entretien avec Henri-François Debailleux 




Artiste de l'exposition : Philippe Favier


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