Philippe Favier

Biographie

Philippe Favier est né en 1957 à Saint-Étienne. Il vit et travaille à Veaunes.

Philippe Favier est diplômé des Beaux-arts de St Etienne, où il enseigne aujourd'hui.
Dès ses débuts il a utilisé des techniques et des formats inhabituels. Ses premiers travaux, de très petit format, démontraient l'acuité et l'ironie de son regard : invention de lieux, pays et continents imaginaires, cités idéales, îlots bleutés dont l'artiste se faisait le cartographe imaginaire et méticuleux. Puis ses formats se sont agrandis et arrondis, la peinture sur verre restant une constante de son travail, notamment dans les oeuvres qu'il réalise à partir de 1988 pour les espaces publics.


Présentation

".. je peins peut-être pour savoir un jour reproduire tout ce que peindre mʼaura empêché
de voir."
Philippe Favier


L’oeuvre de Philippe Favier donne la preuve de la pérennité de l’art pictural, elle
puise autant dans la peinture classique qui requière des savoir-faire traditionnels
pour explorer les symboles et les figures de mythes éternels, que dans l’art moderne
qui a renouvelé les moyens et les concepts. Elle s’empare aussi de la poésie des
mots et nous entraîne dans un univers singulier que n’aurait pas renié Melville.
Ses oeuvres réveillent notre regard, titillent notre imaginaire, convoquent nos émotions
pour les troubler.
Crânes et squelettes, « vanités » renvoient à la question de l’éternité, à l’histoire de
l’art et à la philosophie.
Les thèmes convoqués dévoilent l’appétence de l’humain à la vie mais aussi sa
malignité comme sa fragilité.
Les figures lilliputiennes minutieusement mais librement interprétées semblent
flotter dans le monde trop vaste et se perdent dans l’espace sur lequel elles sont
représentées ou présentées.
Dans ses oeuvres où l’infiniment petit est confronté à l’infiniment grand, l’art délicat
du dessin et de la couleur, la technique de la gravure ou celle de la peinture
sous-verre côtoient la liberté du collage, le détournement d’objet et le faux réalisme
de la photographie.
Son interprétation poétique du monde convoque également l’énigme des mots,
joue de l’écho entre l’image et l’écriture et se découvre aussi dans l’intimité du
Livre.
Philippe Favier est un expérimenteur passionné et obstiné de la peinture, ses oeuvres
dévoilent un univers singulier qui lui est propre. La permanence dʼun parti pris initial
construit sur le fragile et le presque rien, la modestie de lʼobjet artistique, lʼacuité
du trait ou la finesse du pinceau qui installent des figures minuscules sur un espace
vacant ou démesuré, sʼaccompagne de lʼexploration innovante de matériaux et de
techniques qui renvoit aux questions fondamentales de la Peinture et de son histoire
tout en renouvelant les pratiques.
Quand il convoque lʼHistoire de lʼart, cʼest sans gravité ni nostalgie quʼil fait allusion
à lʼart des musées. Picorant une pléthore de références, il introduit une distance au
chef dʼoeuvre qui lui permet de traiter de la seule peinture : «Simone Martini, Noir».
Ses sujets sont savants ou très banals - «Champs de choux-fleurs à Chambourcy» - tendres
ou mordants, parfois sarcastiques - «Comment jʼai tué Kissinger» Lʼapproche des
thèmes les plus graves - guerres, sexualité … squelettes et Vanités - devient ludique
grâce au mélange des situations et des figures, à la prolifération de détails de toutes
sortes.
Les titres des séries, parfois des mots ou des signes dispersés parmi les dessins, glissent
la part dʼironie et de dérision que lʼartiste distille dans le charme faussement innocent
dʼun foisonnement dʼanecdotes dont le sujet nʼest rien dʼautre que les rapports quʼentretiennent
entre-eux la mort et le corps. On croit le peintre narratif, mais les récits quʼil
suggère sont des énigmes dont il retient le secret.
Minutieusement et dans le même temps quʼil peint ces saynètes sur lʼenvers de tessons
de verre, ou quʼil dessine au stylo bille sur de petites feuilles distribuées en constellation
sur le mur, il pratique la gravure. Dans lʼhumble fer blanc de boîtes de sardines, la
pointe creuse des saynètes tendres ou érotiques - «Capitaine coucou» - ou renoue avec
la pratique du « cadavre exquis » surréaliste dans la série des cartes de visite Abracadavra.
La miniaturisation de lʼobjet/tableau, lʼhumble format et lʼaccrochage éclaté,
induisent un rapport entre lʼoeuvre et le regardeur dans lequel la distance compte autant
que ce que lʼon voit.
De près, de loin. Lʼespace poétique de Philippe Favier se situe entre lʼinfiniment
petit et lʼinfi niment grand. Lʼunivers microscopique de ces modestes oeuvres est-il
le point de départ de lʼespace cosmique à la dimension des planètes de la série des
peintures à lʼémail à froid sur verre beaucoup plus grandes - « Monsieur Vous Trouverez
mon Jardinier sur une Nouvelle Planche» . Le titre (M comme Mercure, V
comme Vénus, T comme Terre …) évoque sans le signaler un univers à la dimension
des planètes et permet à lʼartiste dʼajouter à lʼambiguïté de lʼimage celle des mots
pour nous inviter à regarder ce que lʼon ne voit pas.
« Seul le Petit Prince lui-même le pourrait certainement… Depuis sa planète, il voit
tout. Question de distance seulement. Il faut être infiniment loin pour être si près du
monde. Et Philippe Favier est si loin du monde, là-haut dans son atelier de Saint-
Etienne, quʼil voit infiniment grand, et depuis toujours son travail est démesuré.»

Catherine Flohic in « Philippe Favier » Ninety n°4
2006
Château de Villeneuve, Vence (solo)
Oeuvres sur papier, musée de Grenoble (solo)
2005
Géographie à l'Usage des Gauchers Part 2, Musée d'Art Contemporain, Lyon (solo)
Galerie I.U.F.M., Lyon (solo)
2004
Céreboscopie, Galerie Guy Bärtschi, Genève (solo)
Géographie à l'Usage des Gauchers Part 1, Musée d'Art Contemporain, Lyon (solo)
Peintures, Galerie P. Retelet, Bruxelles (solo)
D22, FIAC 04, Galerie Guy Bärtschi, Paris (solo)
D22, Galerie Guy Bärtschi, Genève (solo)
2003
La Malle de Bussy d'Amboise, Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône (solo)
2002
Galerie Forsblöm, Helsinki (solo)
2001
Comment j'ai tué Kissinger, Galerie Guy Bärtschi, Genève (solo)
Abracadavra, A.F.A.A., New York (solo)
Vieni-Vieni & Epis d'Altesse, FIAC 01, Galerie Guy Bärtschi (solo)
2000
Dès l'équilibre, Bibliothèque Nationale de France, Paris (solo)
1999
Galerie E. Aulner, Luxembourg (solo)
1998
Abracadavra, gravures, Idem, Paris (solo)
1997
Galerie Punto, Valence, Espagne (solo)
1996
Rétrospective Philippe Favier, Galerie Nationale du Jeu de Paume, Paris (solo)
1995
Galerie Yvon Lambert, Paris (solo)
1994
Précis d'égratignures, Musée Château d'Annecy (solo)
1993
L'Archipel des Pacotilles, Galerie Yvon Lambert, Paris (solo)
1992
Galerie Patrick Roy, Lausanne (solo)
1991
Monsieur vous trouverez mon jardinier sur une nouvelle planche, Galerie Yvon Lambert, Paris (solo)
1990
1981-1990, Musée du Dessin et de l'Estampe Originale, Gravelines (solo)
1989
Blum Helman Gallery, New York (solo)
1988
Porin Taide Museum, Pori, Finlande (solo)
1987
Lucy Luc Centre Genevois de Gravure Contemporaine, Genève (solo)
1986
Capitaine Coucou Musée du Dessin et de l'Estampe Originale, Gravelines (solo)
1985
Halle Sud, Genève (solo)

Prix, commandes publiques, projets et résidence

2005
Mosaïques pour 2 bassins monumentaux de la place Lazare Goujon, Villeurbanne, Architecte In-situ
Intervention monumentale pour le parking souterrain de la Place Lazare Goujon Gratte Ciel Palace, Villeurbanne, avec Pierre Arnaud
2004
Miniatures, scénographies pour Jean-Christophe Maillot, Ballet Monte Carlo
L'île, scénographie pour la compagnie Même Banjo, Lionel Hoche
«Des pieds et des mains, 60 pièces pour la Clinique E. Vialar, Lyon
2003
Ana, Editions Fata Morgana
2002
Le Sacre du Printemps, scénographie pour Lionel Hoche
Le Cabinet aux senteurs d'Iris,inédit
2001
Chronocycle, ISIS, monument pour la Ville de Saint-Etienne
Pelléas et Mélissande, Esplanade, Saint-Etienne, mise en scène, décors et costumes, direction d'orchestre Giuseppe Grazioli
Le Bic émissaire, tapisserie d'Aubusson, ministère de la culture
Lithophanie pour les vitraux de l'église de Jabreilles-les-Bordes, DRAC & CRAFT Limoges
Kadavreski, scénographie, chorégraphie Lionel Hoche
2000
P.I.L.I., Oeuvre monumentale, plan lumineux en collaboration avec Jacques Roubaud, Métro Parisien, RATP
Versant, scénographie, chorégraphie de Lionel Hoche
1999
Oeuvre bi-face en verre, Hôtel Troisgros
Création d'une boîte à parfum pour Claude Galien
1998
Scénographie et costumes pour l'Ile, Ballet de J.-C. Maillot, Opéra de Monte-Carlo
1997
Hôtel de Police de Saint-Etienne, Pellucidar, architecte Christian Kock
Carton pour lithophanies de la chapelle de Chenevières, Limoges
Les mille et unes nuisent, Tapisserie 5 x 3 m, Les Gobelins
1996
Rideau de scène de l'Opéra de Monte-Carlo
Bibliothèque de Prêt d'Ajaccio, mur de verre gravé Jean-Bruno Panissié
Archives Diplomatiques de Nantes, Abécédaire, architecte Thierry Van de Wyngaert
Société Générale, siège de Paris-La Défense, Luc Bellier
1995
U.E.R. de sciences de Saint-Etienne, Il est des Rêves qui ont besoin de repos, architecte Jean-Michel Dutreuil
Commissariat de Drancy, Le Méridien de la Rate, architecte Thierry Van de Wyngaert
1994
Maquette Pour les chapelles de Vence, projet Yvon Lambert
Funénarium de l'Hôpital de Saint-Etienne, 4 paravents de verre, architecte Christian Kock
1993
Immeuble La mondiale, Boulogne Billancourt
1992
Tondo pour le restaurant Pierre Gagnaire, Saint-Etienne, architectes NACO
1991
Direction des Musées de France, Paris, Coupoles et Façades, Gravures sur verre-J.-Bruno Panissié, architectes Patrick Rubin-Christophe Kuntz
1990
In Eminenti, Ville de Nîmes, Bob Calle
Carton pour Les milles et une nuisent, Tapisserie des Gobelins, Yves Sabourin
1989
Il nous arrive de faire soleil, Collège Pierre Buffière
1988
Ecole Nationale Supérieure de Lyon, architecte Philippe Dubois
Les Iles Vagues, Deux peintures sur verre (60 x 60 cm) présentées à la Biennale de Venise

Collections, musées

CAPC de Bordeaux
Centre Georges Pompidou
Collection Ludwig, Aix-laChapelle
Fondation Saastomsinen, Helsinki
FRAC Alsace
FRAC Basse-Normandie
FRAC La Réunion
FRAC Nord-Pas-de-Calais
FRAC Picardie
FRAC Rhône Alpes
Guggenheim Museum, New York
Henie Onstad Museum, Norvège
Ho-Am Art Museum, Corée
Kiasma Museum, Helsinki
Musée d'Aix-la-Chapelle
Musée d'Annecy
Musée d'Art Moderne, Nice
Musée d'Art Moderne, Paris
Musée d'Art Moderne, Québec
Musée de Carcassone
Musée de Gravelines
Musée de Grenoble
Musée du Luxembourg
Musée de Marne-la-Vallée
Musée de Marseille
Musée de Montréal, Canada
Musée de Nîmes
Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône
Musée de Rochechouart
Musée des Sables d'Olonne
Musée de Saint-Etienne
Musée de Toulon
Porin Taide Museum, Pori, Finlande
Santa Barbara Museum, Santa Barbara





1982
Musée d'Art et d'Industrie, Philippe Favier, avant-propos B. Ceysson, texte Gilbert Lascaux
1985
Galerie Alma, Capitaine Coucou, gravures, texte Eric Darragon
Eighty, Martial Raysse et Philippe Favier, texte Catherine Flohic
1986
Cahier de l'Abbaye Sainte-Croix No 5, Philippe Favier, textes Jacques Bonnaval, Louise Ferrari, Guy Tosatto, Eric Michaud Villa Arson, "Philippe Favier", textes Jacques Bonnaval, Louise Ferrari, Guy Tosatto, Eric Michaud
1987
Parisiana, Musée Faure, Aix-Les-Bains,
1988
Galerie La Hune, Mémoire d'un Clou de Girofle
Porin Taide Museum, Philippe Favier, texte Jacques Beauffet
Biennale de Venise, Les Iles vagues, texte Eric Darragon
1989
Musée des Beaux-Arts de Carcassone, texte Daniel Abadie
Galerie Hôtel de Ville-Maison du Livre, Villeurbanne, texte Françoise Claire Prodhon
1990
Musée du Dessin et de l'Estampe de Gravelines, Gravures 1981-90, texte Dominique Tonneau-Ryckelynck, Daniel Abadie
1991
Ninety, Philippe Favier et Peter Howson, texte Catherine Flohic
1992
Istanbul, Marrakech, L'Archipel des Pacotilles, texte Guy Tosatto, AFAA
Institut Français d'Athènes, Archipel des Pacotilles, texte B. Duborgel
1994
Musée Château d'Annecy, Précis d'Egratignures, texte Henri Michaux
Cahier de la Serre, Beaux-Arts Saint-Etienne, Pentimento, texte J. Bonnaval
1995
Espace des Arts, Chalon-sur-Saone, A'xiste pas, texte Eric de Chassey
Une oeuvre de Philippe Favier, Edition Muntaner, textes Jean Arrouye, Michel Guérin, Jacques Chabot, Bruno Duborgel, Xavier Girard
Musée d'Art et d'Histoire, Genève, Musée du Jeu de Paume, Paris, Musée d'Art Contemporain de Saint-Etienne, Philippe Favier, texte Maurice Roche, Claire Stoullig, Brook Adams, chronologie Alberto de Andrès
1997
Philippe Favier, Editions des Cahiers Intempestifs, Edition Printer, texte Bernard Ceysson, entretien Eric Darragon
1998
"Une ombre au tableau oui - non", Galerie Guy Bärtschi, texte Catherine Flohic
1999
Philippe Favier, Carré d'Art/Acte Sud, texte Jacques Roubaud
2000
Dès l'équilibre, Editions des Cahiers Intempestifs, texte Eric Holder et B. Gheerbrant
2001
Abracadavra, A.F.A.A., Cahiers Intempestifs, entretien Françoise-Claire Prodhon, texte Bruno Duborgel
P.I.L.I., Edition Les Fohic, RATP, texte Laurent Boudier
Comment j'ai tué Kissinger, Galerie Guy Bärtschi, texte Anne Bertrand
2003
Ana, Edition Fata Morgana
Plan-Guide Favier, La Malle de Bussy d'Amboise, Musée Paul Dini, texte Anne Bertrand
2004
D22, Galerie Guy Bärtschi, texte d'Eric Chevillard
Lithophanies de Jabreille les Bordes, texte Anne Dallant et Frère Marc Chauveau, Edition du Craft-Limoges
2005
Parution de Géographie à l'usage des gauchers, Editions des cahiers intempestifs