Fonde, Saint-tienne, en 2006, par Franois Ceysson et Loc Bntire, rejoint par Bernard Ceysson, conseiller artistique, la galerie Ceysson & Bntire a dvelopp ses implantations, dans un premier temps, en Europe francophone: Luxembourg, Paris puis Genve. Luxembourg, outre lespace de Luxembourg (ville) la galerie dispose dsormais, Wandhaff / Windhof, prs de Koerich, dun vaste lieu de 1 400 m2 dont plus de 1 200 m2 sont consacrs aux seules expositions.

Multiplier les espaces dexposition nest, chez nous, ni une obsession ni un but en soi. Il sagit de mieux servir nos collectionneurs dont nous apprcions la confiance quils nous accordent. Il sagit, surtout, dans le contexte o se dveloppe et se diffuse, aujourdhui, la cration artistique, de montrer mieux les artistes que nous avons dcid de promouvoir parce que nous sommes convaincus de leur talent et, pour certains dentre eux, les protagonistes du moment Supports / Surfaces, de leur importance historique.

Les artistes que lon peut rassembler sous la dnomination quelque peu rductrice, tant leurs uvres tmoignent dune singularit forte et exceptionnelle, mais commode, du Moment Supports / Surfaces ont certes constitu lultime avant-garde de la modernit, mais ils ont ouvert la voie non seulement aux artistes des gnrations suivantes qui, grce eux, ont pu renoncer aux jeux striles de la rptition sans fin du dernier tableau pour renouer avec un art pouvant attester que ce ne sont pas seulement des attitudes qui gnrent des formes, des fables et des figures.

Lart est un moyen et un objet de connaissance. Il permet dtre au monde et de le penser. Cest ce quont manifest, dans et par leurs uvres, ces artistes. Cest ce quoi semploient les artistes plus jeunes, amricains et franais, dont nous sommes fiers de pouvoir prsenter les uvres. Ils frayent la voie, hors de la postmodernit, hors du contemporain compris comme un avatar des ismes de nagure, une nouvelles modernit qui ne sapparente en rien au modernisme achev.

Dautres projets de dveloppement sont en gestation. Il leur faut du temps. Nous en reparlerons, malgr tout, trs vite.



Depuis son ouverture, en 2006, Saint-tienne, notre galerie a essaim vers le Luxembourg et la Suisse et sest implante Paris. Cette propagation, certes rflchie, na t dtermine ni par une pulsion de nomadisme ni mme par le dessein dtre prsent sur tous les marchs. Nous nagissons pas, non plus, comme ports par une sorte de souci de mimtisme linstar de quelques galeries internationales dont la dissmination des succursales ne rpond qu des stratgies de marketing certes fructueuses et efficaces. Ces dernires nous semblent non vraiment penses partir des mutations radicales qui nous projettent, depuis une dcennie surtout, dans des terrae incognitae o seffacent tous les repres qui, jusquil y a peu encore, balisaient le cours de nos vies et de nos activits.

Nous avions alors la conviction quil tait ncessaire, pour une galerie reprsentant et dfendant des artistes ayant travaill en France ou y travaillant toujours, de redonner voir leurs uvres dj historiques - et leurs travaux rcents - en Europe et dans lespace francophone. Cest, en effet, dans ce contexte o ces uvres bnficirent, dans les annes soixante-dix, dune rception plus que favorable que pouvait plus facilement se produire le revival attendu de leurs pratiques et des thories qui, la fois, dcoulrent de celles-l et les suscitrent. Nous navions pas tort, mais, paradoxalement, cest aussi aux tats-Unis que cette renaissance se dveloppe. Est-ce un hasard? Le fruit dune entreprise de longue haleine mene avec une persvrance qui nous invite la poursuivre sans relche?

Cest pourquoi nous avons ouvert, en mars 2015, une deuxime galerie Luxembourg Windhof /Wandhaff, prs de Koerich. Dans le mme btiment o nous avions anticip, en mai 2014, cette ouverture par un dploiement duvres de Claude Viallat sur prs de 1000 m2. L, dans un vaste espace de 1 400 m2, nous avons dabord amnag un lieu dexposition de plus de 850m2. Et, prsent, comme dans un muse, une exposition de sculptures de Bernar Venet. Puis nous avons procd un agrandissement spectaculaire qui nous offre dsormais une surface dexposition de 1250 m2, de grands espaces de travail, bureau, bibliothque et dune vraie plateforme de stockage et de logistique. Luxembourg devient ainsi de facto le centre de notre activit et devrait tre, trs bientt, de jure, le sige de nos entreprises. Nous sommes l au cur de lEurope, deux pas dun aroport international situ une heure de vol de trois trs grands aroports internationaux: Paris, Francfort, Londres, au carrefour des grandes voies de communication Nord-Sud et Est-Ouest, l o sont tablies dimportantes institutions europennes, dans un pays dont le dveloppement conomique, dmographique, urbanistique, est intense.

Ce nouvel tat de fait nous oblige nous interroger sur notre devenir, sur notre avenir. Et donc, bien entendu, nous replacer dans deux contextes dterminants. Celui dun monde en proie des mutations radicales voques plus haut: celles quont toujours provoques les inventions techniques et les sauts culturels qui les ont favorises. Celui de notre champ dactivits.

Le dsenchantement du monde saccompagne aujourdhui de dsordres prvisibles qui crent le chaos dans un espace-temps trs court, quasiment celui de ce temps bizarrement qualifi de rel que gnre lInternet. Ce quil advient des modes de production industriels et postindustriels, et des modes de vie sous des climats bouleverss, relevant quasiment, dsormais, dune archologie concevable seulement par des anthropologues, laisse peut tre prvoir des sursauts salvateurs, favorisant une chance de dveloppement effervescent la crativit, aux conceptualisations et processus scientifiques, aux explorations de limaginaire et aux anticipations formelles prmonitoires que nous offre lart prsent.

Cest pourquoi les systmes et les modes de diffusion, de propagation, de conscration et de consommation, en cours, dans le domaine de la cration artistique, nous apparaissent de plus en plus inappropris. Les foires, les flux de communication de lInternet, impliquent la restructuration des muses, des centres dart et des galeries. Et des rorientations inattendues. Mme si lon peut sinterroger sur la prennit des foires par trop multiplies. Quant au muse, il nest, en fait, si on considre son existence dans la perspective dun temps long, quune cration rcente. Les idologies - et les convictions philosophiques, politiques, progressistes partir desquelles elles se sont formalises qui lont cr, mis en place et organis ne sont plus pertinentes. Et pourtant les muses prolifrent. Mais ces muses nont plus rien voir avec le muse tel quil se conoit au sicle des Lumires. Cest quil y a bien, comme il y a bien eu au XVIIIe sicle, une crise de la consciente europenne - si bien dcrite, en 1935, par Paul Hazard -, une crise globale, plantaire, structurellement similaire. Nous nen pouvons que pressentir les dnouements possibles. Elle affectera, elle laffecte dj, lconomie de lart, de sa production sa consommation. Un constat peut tre dj fait: les frontires seffacent entre les muses, les fondations, les foires, les salles de ventes et les galeries. Et dans le mme temps se prcisent des spcialisations renouant avec celles que proposait lart acadmique au XIXe sicle. Lart expos, par exemple, dans les centres dart, dans les muses, les biennales, se veut spectaculaire, difiant, porteur de thmatiques dtermines, plus quinspires, par lactualit et la sociologie militante. Une sorte de volont dengagement dans le constat des malheurs de la condition humaine et dans la propagation de lindignation compatissante ravive aujourdhui les projets de nombre de ralismes plus ou moins socialistes ou de cet ardent dsir de tmoigner pour son temps quillustra, jadis, dans les annes cinquante, en France, un salon clbre.

Notons encore ce paradoxe: aux propagations des formes, des fables, des figures qui semblent tablir globalement, lchelle plantaire, de nouvelles normes esthtiques et consacrer brivement des hirarchies apparemment internationales, sopposent ou se diffusent dautres jeux de formes, fables, figures, dlibrment localisables. Tout semble se passer dans le champ de lart comme ce qui se dessine en gopolitique. Les agrgations dtats en voie de constitution ne sont pas systmatiquement rejetes, sauf par les imbciles et les partisans de replis identitaires sans fondement, mais suscitent, comme en contrepoint ncessaire, des clbrations culturelles locales qui, souvent, imposent et diffusent des spcificits culturelles venant enrichir la cration artistique globale. Comme les flux de population circulant dun lieu un autre et greffant leurs installations nouvelles les prmices de dveloppements fructueux.

Les galeries sont prises dans cette trame et cette chane qui tissent un nouveau texte dchiffrer. Montrer est chose cependant simple. Mais tablir cette monstration dans un contexte dont nous ne pouvons pas vraiment prendre la mesure lest moins. Peut-tre nous faut-il simplement tenter de forger nous-mmes de nouveaux outils? La multiplication des lieux nest peut-tre pas plus approprie cette nouvelle donne que le resserrement et le repli dans un seul. Cest moins le lieu qui importe que lesprit qui y souffle. ce que doit tre une galerie dans cette situation, qui devrait apparemment la condamner, il faut frayer une voie. Pour les artistes, pour les collectionneurs, en noubliant pas que la galerie au croisement de la cration artistique et de la commercialisation des uvres doit se soumettre heureusement une thique exigeante structurant son action.

Notre nouvel espace luxembourgeois nous permet desquisser une rponse pragmatique dont tmoigne lexposition Feed The Meter, consacre la jeune scne amricaine, ni exposition de galerie ni exposition de muse. Pour parodier Robert Rauschenberg nous souhaitons travailler dans la brche qui spare le muse de la galerie. Comment? Nous ne le savons pas. Nous savons seulement ce que nous a appris Supports/Surfaces: que tout projet, tout concept, toute ide, ne prennent ralit que dans cet entrecroisement des chemins que tisse le jeu de navette entre pratique et thorie. Il va donc nous falloir sans cesse veiller tre critique. Et pour ce faire certainement changer nos habitudes dans tous ces lieux o nous agissons. Nous reviendrons trs vite sur ces enjeux



propos de notre nouvelle galerie de Luxembourg Wandhaff :

la sortie de lhiver, au premier jour du printemps, nous ouvrirons notre nouvel espace: Wandhaff/Windhof, Steinfort, au Grand-Duch de Luxembourg. Au cur de la Grande Rgion. La ferme du vent a laiss place un lieu marchand et dactivits organis autour dun rond-point distribuant les flux automobiles vers la Belgique, la France, lAllemagne et le Grand-Duch. En ce lieu de passages, aux centres commerciaux sadjoignent immeubles de bureau et dentreprise. Arlon est 19km, Luxembourg et sa gare TGV 16 km, Metz est 77 km, Sarrebruck 116 km. Bruxelles est proche, deux heures de voyage, comme Francfort, Cologne ou Dsseldorf.

Ce nouvel espace est amnag dans un btiment industriel semblable ceux de la plupart des zones artisanales et commerciales, proche de ceux qui, Brooklyn, linstar des garages de Chelsea, se transforment en galeries dart. Wandhaff est un Brooklyn chic plus urbanis頻. lintrieur, ce nouvel espace a cependant lampleur et le look des galeries de Chelsea: 1400 m2 dont plus de 800 m2 consacrs aux expositions. Il comprend des espaces de rserves et stockages, un atelier, des bureaux et salles de runion. Et une boutique prcdant les espaces dexposition modulables. Il nous semble ncessaire quune boutique librairie soit intgre un tel espace. Elle offre un espace de repos et de consultation. Livres et catalogues documentant lexposition en cours y seront disponibles. Il sera possible dy acheter des ouvrages divers, catalogues, essais, monographies, sur lart en gnral, mais relevant plus particulirement du domaine de lart moderne et contemporain et des arts dits primitifs. Et dy faire lemplette dobjets au design soigneusement slectionn, crs et raliss pour de grands muses internationaux.

Ce grand espace - qui compltera donc heureusement notre galerie de la rue Wiltheim - sera inaugur par une prsentation impressionnante duvres de Bernar Venet. Mais rue Wiltheim seront montrs de rares et importantes peintures. Wandhaff accueillera des dessins rcents et des sculptures, gribs, effondrements, arcs et lignes indtermines, cest--dire ces pices monumentales quaffectionne lartiste. Leur prsentation exige des espaces comme celui-ci. Cest bien l, lune des missions et des fonctions de cette galerie aux proportions, disons, pour faire image, la Chelsea. Mais ce nest que lune des raisons de notre ambitieux projet de dveloppement. La taille de cet espace, lampleur de son volume, les possibilits de partition quil autorise nous renforcent dans notre conviction quune mutation du modle et des modes de fonctionnement des galeries, mutation anticipe dj par de grandes galeries internationales, amricaines surtout, est invitable. Nous nous devons dy participer. Nous le devons aux artistes que nous dfendons, aux artistes que nous accompagnons dans leur carrire. Nous le devons nos collectionneurs, devenus pour la plupart des amis. Ils pourront constater que pour dfendre, avec la passion dont je crois nous avons donn tmoignage, les artistes que nous aimons, auxquels nous croyons, nous sommes prts prendre et assumer, avec quelque inquitude certes, mais avec une certaine jubilation, des risques dont attestent, nous en sommes certains, les dimensions quand mme spectaculaires de cet espace. Une ambition dont nous faisons dmonstration ici - je reprends dessein le titre de la fameuse sculpture de Barnett Newman Here qui clbre et exalte, dans tous les sens du terme, New York! Ici cest donc: Luxembourg, au Luxembourg! Nous croyons quici il nous est possible de dvelopper les activits de nos galeries et de participer lvolution conomique, culturelle, sociale, dun pays actif, nergique au prsent et ouvert aux innovations qui dterminent dj, nous le pressentons, notre avenir.

Lampleur de cet espace nous permet denvisager de vraies expositions. Des expositions qui ne seront pas seulement des expositions de galeries. Cest ncessaire, alors quassez souvent les expositions de muses ne sont plus que des prsentations agrandies de galeries. Cest vident, inluctable. La fin de lhistoire de lart annonce, comme la t celle de lHistoire, le dlitement de la chronologie vident, le triomphe dune atemporality bnie qui affecte tous les champs des sciences humaines - tout particulirement celui de lart et dune philosophie approximative qui vise se substituer lhistoire de lart et la sociologie -, alors quInternet supple lrudition, cest comme si, tout soudain, nous dit-on, nous tions dlivrs des pesanteurs de lhistoire et des dterminismes, dangereux, que parfois cette dernire gnre. Linterprtation des uvres, soumise cette croyance, tend se limiter de plus en plus une sorte dempaquetage textuel qui les fige dans des contenus quon leur affecte abusivement. Elles sont lues et non plus vues, leurs configurations formelles escamotes. Oublis donc Focillon et Kubler. De plus la valeur vnale des uvres oblitre dsormais leur ralit. Quant lapproche du connoisseur dantan, elle est juge aujourdhui anachronique. Mais comme la chronologie na plus lieu dtre

Cet espace nous permettra donc de concevoir des expositions qui auront la prtention, heureusement, de ne plus tre seulement des prsentations de galerie. Nous pourrons imaginer de vraies rtrospectives de luvre de tel ou tel de nos artistes, concevoir des confrontations thmatiques dveloppes et dployes dans lespace et le temps. Je veux dire que les uvres ne seront pas accommodes la sauce de cette atemporality qui favorise la maldiction des anachronismes.

Ces prsentations ne seront pas limites aux seules uvres des artistes de notre galerie mais seront ouvertes aux uvres dartistes dont la prsence nous paratra ncessaire. Comme cela doit se faire dans les muses. Cest ce que font dailleurs de grandes galeries. Nous le ferons quant nous avec nos moyens. Cest pourquoi nous nous proposons, une fois lan, de montrer les uvres que des collectionneurs aviss et dtermins ont su et pu rassembler. Il va de soi que, parfois, dans certaines de ces expositions, dont nous rvons, aucune uvre ne sera vendre. Car nous pensons que nous devons, puisque nous avons la chance davoir pu amnager, ici, un tel espace, participer plus fortement la vie culturelle luxembourgeoise.

Une telle ouverture, ceci dit, obit bien sr des impratifs professionnels, des enjeux, que lactualit de la vie artistique rappelle et ritre. En attestent de nombreux essais et articles dus des universitaires talentueux ou des journalistes brillants et bien informs. Il ne convient pas, ici, den esquisser lanalyse. Je me limiterai souligner quelques points. Qui veut dfendre ses artistes doit bien et souvent les montrer afin den faciliter la reconnaissance. Les foires ny suffisent pas. Les galeries sont donc encore indispensables. Mais les auctioneers se dcouvrent galeristes, organisent des lieux dexpositions prs de leurs salles des ventes. Les galeries doivent donc en tenir compte et raffirmer leur spcificit, les missions qui restent les leurs. Pour bien et mieux montrer les uvres des artistes quelles dfendent, et les imposer, il leur faut des espaces implants dans les zones de grande chalandise. Do cette dmesure des galeries entreprenantes qui devient la mesure. Il nous faut donc, nous aussi, nous plier ces normes nouvelles, mais en affirmant que notre ambition vise redonner vie ce que lon appelait, ce fut mme le titre dune revue, lamour de lart: la passion des uvres. Cest--dire donner voir. penser!

La dcision damnager ce grand espace en galerie na pas t prise la lgre. Elle ne la pas t non plus sans quelques inquitudes. Mais notre dcision a t facilite, stimule, par lenthousiasme optimiste des propritaires du lieu dont lattention, le soutien et la gnrosit ont t dterminants.

Bernard Ceysson
Bernard Ceysson, n en 1939 Aprs des tudes de lettres et dhistoire de lart, il est nomm, en 1967, conservateur du muse dArt et dIndustrie de Saint-tienne. Alors le plus jeune chef dtablissement en exercice, il conduit la transformation et le dveloppement de ce muse de telle sorte qu partir de 1987, trois muses, Saint-tienne, ont, depuis, vocation conserver, tudier, montrer le patrimoine artistique, artisanal, historique et industriel de la ville: le muse dArt et dIndustrie dans un btiment rnov; le muse de la Mine install dans lancien site dexploitation du puits Couriot avec, en sous-sol, une spectaculaire reconstitution de galerie de mine; le muse dArt moderne, inaugur en 1987, o est conserve la seconde collection franaise dart moderne et contemporain.

Nomm, en 1986, directeur du muse national dArt moderne, Centre Georges Pompidou, il dmissionne lanne suivante et prend la direction du muse dArt moderne de Saint-tienne dont il avait, avec Didier Guichard, son architecte, assur et suivi la ralisation. Il est la mme anne, 1987, nomm directeur des muses de Saint-tienne.

Consultant, charg, partir de 1991, de llaboration du projet musographique et du programme architectural du muse dArt moderne Grand-Duc Jean Luxembourg, dont larchitecte est I. M. Pei, il est en charge, de 1996 1999, de la direction artistique de la Fondation Muse dArt moderne Grand-Duc Jean.

Il a enseign comme charg de cours aux universits de Lyon II et de Saint-tienne et particip, deux reprises, en tant que charg dun cours dhistoire de lart, au programme franais de Bennington College, Vermont, USA.

Bernard Ceysson est chevalier de la Lgion dhonneur, croix de la Valeur militaire avec toile dargent et commandeur de lordre de Mrite du Grand-Duch de Luxembourg.

Il est lorigine de lacquisition et de la donation dimportantes uvres dart inscrites linventaire des muses de Saint-tienne. Dans le domaine de lart, outre quelques uvres anciennes de qualit, les acquisitions, pour rester fidle la politique dachats entreprise par Maurice Allemand, son prdcesseur, ont surtout concern les domaines de lart moderne et contemporain:

1967 - 1979: uvres de: Yves Klein, Raoul Hausmann, Francis Picabia, Kurt Schwitters, Alexandra Exter, Ivan Koudriachov, Jean Hlion, Alberto Magnelli, Jean Dubuffet, Olivier Debr, Gilles Aillaud, Jacques Monory, Bernard Rancillac, Herv Tlmaque, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Bernar Venet, Jochen Gerz, entre autres. Mais il achte surtout, ds 1973, des uvres des artistes du mouvement et du moment Supports/Surfaces, (Claude Viallat, Louis Cane, Toni Grand, Bernard Pags, Jean-Michel Meurice, Christian Jaccard) et fait procder lacquisition duvres de Louise Nevelson, Sam Gilliam, Frank Stella, Kenneth Noland, Jim Dine, Tom Wesselmann, Sol LeWitt, Donald Judd, Dan Flavin, Robert Morris, Joseph Kosuth, entre autres. Ce sont les premires uvres de cette gnration dartistes amricains entres dans les collections publiques franaises.

En 1973, le muse reoit en don de la galerie Ileana Sonnabend un Autoportrait dAndy Warhol, ddicac Nico.

1980 1997: Les acquisitions croissent en nombre et en importance. Des ensembles exceptionnels sont ainsi constitus, grce au mcnat, dcid par Antoine Guichard, de Casino. Deux autres uvres de Frank Stella entrent ainsi dans la collection. Sy ajoutent des uvres de Morris Louis, Roy Lichtenstein, Carl Andre, Donald Judd, (2) Ellsworth Kelly (2), Joseph Kosuth, On Kawara, Robert Morris, ce dernier offre une uvre au muse aprs un achat important. Est ainsi constitu le seul ensemble convaincant, hors de Paris, de lart amricain. Sy ajoutent des uvres de Richard Long, Victor Burgin, Art & Language, Barry Flanagan, David Tremlett, John Murphy, Anthony Cragg, Julian Schnabel, Barbara Kruger, John Baldassari, une uvre monumentale de Claes Oldenburg et Cossje van Bruggen et une srie de photographies de Bernd et Hilla Becher.

Des uvres de Georg Baselitz, Markus Lpertz, A. R. Penck, entrent aussi dans les collections.

En 1983, suite lexposition par le muse de ses peintures rcentes, Gerhard Richter accompagne lachat de Glenn par le don dune de ses premires Vanits. La mme anne, aprs lexposition monographique que lui consacre le muse, une uvre de Cindy Sherman entre dans les collections.

Un ensemble duvres (12) de Jean Dubuffet est runi. Sont aussi acquises des uvres importantes de Csar Domela, Jean Herbin, Jean Fautrier, Andr Masson, Yves Tanguy, Germaine Richier, Pierre Soulages (4), Hans Hartung, Bram Van Velde, Simon Hanta, Franois Morellet. De mme se constituent des ensembles duvres dartistes du nouveau ralisme ou proches de ce mouvement (Arman, Villegl, Spoerri), de Supports/Surfaces (Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Marc Devade, Nol Dolla, Patrick Saytour, Bernard Pags) dont le muse de Saint-tienne dtient, avec le muse national dArt moderne, Centre Georges Pompidou, la plus importante collection. En contrepoint, sont rassembles des uvres de lArte Povera: Mario Merz, Gilberto Zorio, Luciano Fabro, Giuseppe Penone.

Le muse procde aussi, durant cette priode, lacquisition de deux importantes installations de Daniel Buren et semploie rassembler des installations, peintures, photographies dartistes telsque : Bertrand Lavier, Bernar Venet, Helmut Federle, Thomas Schtte, Ludger Gerdes, Thomas Ruff, Thomas Struth, Harald Klingelhller, Jean-Michel Othoniel, Fabrice Hybert, Jana Sterbak, Chohreh Feyzdjou, etc.

Pendant cette priode, le muse bnficie dimportants dpts duvres appartenant ltat: Joan Mir, Max Ernst, Pablo Picasso, Fernand Lger, Marc Chagall, Michel Larionov, Vassily Kandinsky, Gerhard Richter, A. R. Penck, etc.

Des dons majeurs viennent enrichir les collections. Le legs de Jacqueline Victor Brauner a dot le muse dun ensemble de vingt peintures de Victor Brauner et de plus de trois mille dessins ce qui constitue un ensemble unique de lun des acteurs cls du surralisme. Le don fait par Vicky Rmy complte les ensembles duvres de Supports/Surfaces et dart conceptuel avec des uvres de Toni Grand, Bernard Pags, Ben et surtout de limposant rassemblement duvres quelle avait accumul dArt & Language (40), Hanne Darboven, Tania Mouraud, Robert Filliou et Fluxus (200), Bernar Venet, Dennis Oppenheim, Peter Hutchinson, Bill Beckley, etc. Ce don fut suivi par celui de Franois et Ninon Robelin, compos duvres essentielles de Robert Filliou, Dieter Roth, George Brecht, Sigmar Polke, Michael Buthe, Gnter Brus, Arnulf Rainer, Marcel Broodthaers, Vlassis Caniaris, Wolf Vostell, Erik Dietman, Jochen Gerz, Alighiero Boetti, Barbara et Michael Leisgen, etc.

En 1997, le muse dArt moderne de Saint-tienne, est le seul muse, en France, hors de Paris, pouvoir prsenter un tel corpus de lart franais et international depuis la fin des annes cinquante. Outre les dons et les dpts mentionns vient sagrger aux collections le dpt, depuis transform en don, des uvres acquises par la Caisse des dpts et consignations. Cette collection riche dun extraordinaire ensemble duvres post-conceptuelles permet alors au muse de complter ses collections historiques.

Un dpt exceptionnel par sa qualit et par lidentit du dpositaire contribue en 1998 renforcer le statut international du muse. Cest le dpt effectu par Ileana Sonnabend dune partie de sa collection. Le muse voit alors sa collection amricaine complte par des ensembles duvres majeures de Robert Rauschenberg, Cy Twombly, Claes Oldenburg, Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Richard Serra, Dan Flavin, Keith Sonnier, Joseph Kosuth, Jeff Koons, etc. ces uvres sajoutaient celles de Gilbert & George, Jrg Immendorff et Anselm Kiefer, etc

Plus rcemment, le legs, dune uvre de Morris Louis, est venu confirmer la promesse faite oralement Bernard Ceysson, en 1997, par Madame Brenner, veuve de lartiste.

La rdaction de cette biographie professionnelle permet son auteur de regretter la quasi disparition des cimaises du muse dArt moderne de Saint-tienne dune collection dune telle ampleur. Certes, elle ne peut plus tre montre en permanence, mais de temps autre, des groupes duvres extraites des rserves permettraient de composer des expositions dun rel intrt. Certains de ces dpts sont en voie de retour chez les collectionneurs qui les avaient consentis, quelque peu dpits de ne jamais les voir et savoir prsents. On ne peut que le dplorer en souriant, nanmoins, pour ne pas en pleurer, de lignorance et de lincurie et des lus et des responsables des institutions. Bernard Ceysson a, en outre, russi constituer une importante collection de dessins et lune des grandes collections franaises de photographie, puis rassembler, hors de Paris, la plus importante collection publique ddie au Design.

Bernard Ceysson a conu, prpar et organis la prsentation de plus de cent cinquante expositions. Il serait vain de les rappeler toutes. Il suffit de mentionner:

1971: Peter Saul; Bernard Rancillac. 1973: Ralit, ralits (Donald Judd, Sol LeWitt, Dan Flavin, Frank Stella, Richard Estes, Don Eddy, Claude Viallat, Christian Boltanski, Anette Messager); Hanta. 1974: Robert Rauschenberg; Sarkis; Robert Morris; Ralismes en Allemagne, 1919 1933 (Otto Dix, Christian Schad, George Grosz, Heinrich M. Davringhausen, Hannah Hch, Karl Hubbuch, Franz Radziwill, etc.); Nouvelle peinture en France, (Andr-Pierre Arnal, Vincent Biouls, Daniel Dezeuze, Nol Dolla, Toni Grand, Christian Jaccard, Jean-Michel Meurice, Bernard Pags, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, Claude Viallat).

Suivent des expositions consacres Jean-Michel Meurice, Toni Grand et Bernard Pags, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, Jochen Gerz, Art & Language, Olivier Debr, etc. 1976: Pierre Soulages; Les Annes 30 en France. 1981: Anthony Cragg; Aprs le classicisme ( Georg Baselitz, Jrg Immendorff, Markus Lpertz, A. R. Penck, Anselm Kiefer, Per Kirkeby, Frank Stella, Susan Rothenberg , Julian Schnabel, David Salle, Martial Raysse, Franois Rouan, Claude Viallat, Patrick Saytour, Grard Garouste, Robert Combas, Sandro Chia, etc.). 1982: Mythe, Drame, Tragdie (Jean-Michel Alberola, Grard Garouste, Georg Baselitz, Markus Lpertz, Anselm Kiefer, Sandro Chia, Enzo Cucchi, Christopher Le Brun, etc.). 1983: Giacometti; 1984: Gerhard Richter; Cindy Sherman; 1985: Bram Van Velde; 1987: LArt en Europe, les annes dcisives, 1945 1953; 1988, Paul Klee. 1989: Lart des annes soixante et soixante-dix. La collection Panza; De la Rvolution la Perestroika. Les Arts sovitiques dans la collection Ludwig. 1992: Victor Brauner; Supports / Surfaces, 1966 -1976. 1993: Lcriture griffe (Antonin Artaud, Victor Brauner, Bernard Buffet, Csar, Jean Dubuffet, Alberto Giacometti, Francis Gruber, Jean Hlion, Henri Michaux, Germaine Richier, Pierre Tal Coat, Wols). Cette dernire a t suivie de deux tout aussi importantes expositions dont malheureusement les catalogues nont pu tre publis: Entre la srnit et linquitude et Ralits noires. Ces deux expositions ont rassembl des uvres, entre autres, de Rouault, Braque, Dubuffet, Bissire, Fautrier, Giacometti, Manessier, Magnelli, Bram Van Velde, Beckmann, Bissier, Baumeister, Corinth, Freud, Bacon, Spencer, Rothko, Tobey, etc.).

Bibliographie sommaire:
Outre trois importantes contributions, portant sur lart en France aprs la guerre, des ouvrages consacrs lart en France et en Europe, il a rdig le texte du tome 3 de La Grande Histoire de la peinture moderne, De linvention de labstraction au surralisme, 1910 1930, ditions Skira, Genve, 1982. Il a contribu louvrage collectif: La Grande Tradition de la sculpture, ditions Skira, Genve, 1987 et en a rdig, en partie, les pages consacres la sculpture en Italie au Quattrocento. Il est lauteur dun ouvrage sur Pierre Soulages et lauteur de textes sur Frank Stella, Lucio Fontana, Alberto Magnelli, Jean Dubuffet, Jean Bazaine, Roger Bissire, Alfred Manessier, Zao Wou-ki, Bram Van Velde, Olivier Debr, Julius Bissier, Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Grard Fromanger, Andr Fougeron, etc.
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